Le gouvernement ghanéen a franchi une étape importante dans son projet de réforme constitutionnelle en approuvant une série de recommandations visant à modifier les règles d’accès et d’exercice du pouvoir. Parmi les mesures phares figurent l’extension du mandat présidentiel de quatre à cinq ans et l’abaissement de l’âge minimum requis pour se présenter à l’élection présidentielle, de 40 à 35 ans.
Ces propositions découlent des travaux de la Commission de révision constitutionnelle mise en place par le président John Dramani Mahama. Selon l’exécutif, le cycle électoral actuel limite la capacité des gouvernements à mettre en œuvre leurs programmes. Les premiers mois d’un mandat sont généralement consacrés à la transition politique et à la constitution de l’administration, tandis que la dernière année est largement absorbée par les préparatifs électoraux.
« Un mandat de cinq ans offre un délai plus réaliste pour la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques », a expliqué le procureur général et ministre de la Justice, Dominic Ayine, en présentant la position officielle du gouvernement.
Dans le même esprit, l’exécutif propose de porter également à cinq ans la durée du mandat des députés afin d’assurer une cohérence institutionnelle entre le Parlement et la présidence.
Autre changement notable : l’ouverture de la compétition présidentielle à une génération plus jeune. Alors que la Constitution fixe actuellement à 40 ans l’âge minimum pour briguer la magistrature suprême, le gouvernement soutient un seuil de 35 ans. Il écarte toutefois la recommandation initiale du comité de révision qui préconisait un abaissement à 30 ans.
Les autorités insistent sur le fait que ces réformes ne remettent pas en cause les garde-fous démocratiques du pays. La limitation à deux mandats présidentiels, pilier du système politique ghanéen depuis l’avènement de la Quatrième République en 1993, resterait inchangée.
Les propositions devront désormais suivre un long parcours institutionnel. Elles devront être traduites en amendements constitutionnels, examinées par les instances compétentes puis soumises à un référendum national prévu en 2027. Pour être adoptées, elles devront satisfaire aux exigences strictes de participation et d’approbation prévues par la Constitution ghanéenne.
Considéré comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique de l’Ouest, le Ghana s’engage ainsi dans un débat de fond sur l’efficacité de son système politique et le renouvellement de sa classe dirigeante. Si elles sont validées par les électeurs, ces réformes constitueraient l’une des évolutions institutionnelles les plus importantes du pays depuis plus de trois décennies.







