Le général sénégalais Birame Diop a été nommé dimanche président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), à l’issue du sommet ordinaire des chefs d’État de l’organisation tenu à Freetown, en Sierra Leone.
Il prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre prochain et succédera au Gambien Omar Alieu Touray, qui dirige actuellement l’exécutif de l’organisation régionale.
« Les instances de la Cedeao ont accepté la proposition de nommer le général Birame Diop au poste de président de la Commission de la Cedeao », a annoncé le président sortant de la Commission, Omar Alieu Touray, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du sommet.
Un profil sécuritaire expérimenté
Ancien haut responsable de l’armée sénégalaise, Birame Diop est considéré comme un fin connaisseur des organisations internationales et des questions de sécurité.
Pour un diplomate ouest-africain cité par l’AFP, cette expérience pourrait constituer un atout dans un contexte régional marqué par la montée de l’insécurité.
« Birame Diop connaît très bien les arcanes des organisations internationales. Il a été dans la haute sphère de l’armée sénégalaise. Ça va être utile, par exemple dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, pour harmoniser les politiques. Avec le concours de Birame, la machine peut redémarrer », estime cette source diplomatique.
Bassirou Diomaye Faye à la présidence tournante
Autre décision importante du sommet : le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye prend la présidence tournante de la Cedeao.
Le chef de l’État sénégalais succède au président sierra-léonais Julius Maada Bio, qui a dirigé l’organisation pendant un an.
« Après avoir mené à bien mon mandat obligatoire d’un an à la présidence de la Cedeao, je suis ravi de passer le flambeau à mon jeune frère, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye », a écrit Julius Maada Bio sur le réseau social X.
Cette double présence du Sénégal à la tête des principales instances de la Cedeao intervient à un moment crucial pour l’organisation régionale.
Une organisation confrontée à de multiples défis
La Cedeao traverse en effet l’une des périodes les plus délicates de son histoire. L’organisation a été profondément ébranlée par le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger, devenu effectif en janvier 2025.
Les trois pays, dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État, ont créé l’Alliance des États du Sahel (AES), marquant une rupture majeure avec l’institution ouest-africaine.
La crise a pris une nouvelle dimension après le coup d’État au Niger en juillet 2023. La Cedeao avait alors menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président déchu Mohamed Bazoum et imposé de lourdes sanctions économiques à Niamey, avant de les lever par la suite.
Parallèlement à ces défis politiques, l’organisation doit également faire face à la progression des groupes jihadistes dans plusieurs pays de la région, un enjeu majeur qui figurera parmi les priorités du nouveau président de la Commission.







