Près de neuf ans après l’assassinat des experts des Nations unies Michael Sharp et Zaida Catalan dans le Kasaï central, la justice militaire congolaise a rendu son verdict définitif. La Haute Cour militaire a condamné à la peine capitale 54 personnes reconnues coupables dans ce dossier devenu l’un des plus emblématiques des violences qui ont secoué la région en 2017.
Cette décision marque l’épilogue judiciaire d’une affaire qui avait suscité une vive émotion au sein de la communauté internationale. Les deux enquêteurs onusiens avaient été tués alors qu’ils documentaient les exactions commises dans le contexte de l’insurrection de la milice Kamwina Nsapu.
Parmi les condamnés figure le colonel Jean de Dieu Mambweni. Initialement condamné à dix ans de prison, cet officier de l’armée congolaise a finalement été reconnu coupable d’avoir participé au piège tendu aux experts. Sa peine a été portée à la peine de mort, au même titre que les autres accusés.
Mais malgré ce verdict, les interrogations persistent. Des organisations de défense des droits humains et les proches des victimes estiment que le procès n’a pas permis d’établir toutes les responsabilités, notamment au niveau des éventuels commanditaires.
Pour la Commission nationale des droits de l’homme, plusieurs personnes citées au cours de l’enquête n’ont jamais été inquiétées par la justice. Une analyse partagée par la famille de Zaida Catalan, qui considère cette décision comme une étape importante, sans pour autant clore définitivement la quête de vérité.







