Kinshasa s’est réveillée dans une atmosphère inhabituelle ce mercredi 3 juin. À l’appel de l’opposition, qui dénonce un possible changement de Constitution et la perspective d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, la capitale congolaise a vécu une journée marquée par une faible affluence dans les rues et un important dispositif sécuritaire.
Dès le matin, policiers, militaires et blindés étaient visibles à plusieurs carrefours stratégiques, du boulevard du 30 Juin au rond-point Victoire, en passant par Ngaba, UPN ou Selembao. Une présence sécuritaire renforcée destinée à prévenir tout débordement dans une ville où les tensions politiques restent vives.
Dans plusieurs quartiers, l’activité a nettement ralenti, sans pour autant s’arrêter complètement. Quelques taxis-bus ont continué à circuler, certains commerces ont ouvert timidement et des marchés sont restés partiellement actifs. Mais l’ambiance était loin du tumulte habituel de Kinshasa.
Le mot d’ordre de « ville morte » s’est surtout fait sentir dans les écoles. Dans plusieurs établissements, notamment confessionnels, les salles de classe sont restées presque vides. Beaucoup de parents ont préféré garder leurs enfants à la maison, par précaution.
À Masina, Kimbanseke ou encore N’sele, les forces de sécurité ont renforcé leur présence autour de bâtiments publics et sur les principaux axes routiers. Quelques groupes de jeunes proches de l’opposition ont tenté de mobiliser dans certains secteurs, tandis que des militants favorables au pouvoir affichaient leur soutien au président Tshisekedi, parfois avec des slogans évoquant un éventuel troisième mandat.
Malgré les tensions, certains services ont continué à fonctionner. Des banques ont ouvert, des bus ont circulé sur quelques lignes et certaines autorités locales ont maintenu des opérations de salubrité publique, donnant l’image d’une capitale ni totalement paralysée, ni véritablement normale.
Jusqu’en milieu de journée, aucun incident majeur n’avait été signalé. Mais derrière ce calme apparent, Kinshasa semblait suspendue à une même interrogation : simple démonstration politique ou début d’un bras de fer plus durable entre pouvoir et opposition autour de l’avenir institutionnel du pays ?







