Une enquête publiée par le quotidien canadien La Presse remet sous les projecteurs une affaire criminelle non résolue vieille de près de vingt ans et éclabousse aujourd’hui la scène politique guinéenne.
Au centre du dossier : Rafiou Sow, opposant politique guinéen, soupçonné par les enquêteurs québécois d’être impliqué dans le meurtre de son épouse canadienne, Rachelle Wrathmall, tuée en 2007 à Lennoxville, au Québec.
Le corps de la jeune femme, âgée de 31 ans, avait été découvert le 29 juin 2007 à son domicile, portant des traces de violences causées par arme blanche. Selon l’enquête, son mari de l’époque, Raphiou Sow Alpha Oumar – aujourd’hui connu sous le nom de Rafiou Sow – avait quitté le Canada pour l’Afrique dans les heures ayant suivi le drame.
Dans sa longue enquête publiée le 6 juin 2026, La Presse affirme que la Sûreté du Québec considère depuis des années Rafiou Sow comme le principal suspect de ce meurtre jamais élucidé. Le journal canadien indique également avoir retrouvé sa trace en Guinée, où il mène désormais une carrière politique et se présente comme opposant au régime militaire au pouvoir à Conakry.
Interrogé par la journaliste canadienne Isabelle Hachey à Conakry, Rafiou Sow a nié avoir été marié à Rachelle Wrathmall, malgré l’existence de documents d’immigration et d’un certificat de mariage datant de 2006 mentionnés par le quotidien québécois.
Mais sur le plan judiciaire, le dossier reste extrêmement sensible. Jusqu’à présent, aucune accusation officielle de meurtre n’a été rendue publique contre lui au Canada. Des médias guinéens rappellent que les autorités canadiennes le considèrent officiellement comme un « témoin important » dans l’affaire et non comme un homme inculpé ou condamné.
Cette nuance juridique n’empêche cependant pas l’affaire de provoquer un malaise dans les milieux politiques guinéens.
L’absence de traité d’extradition entre la Guinée et le Canada complique également toute éventuelle procédure judiciaire internationale.







