Le gouvernement burkinabè veut reprendre la main sur les coûts de l’enseignement privé. Réuni ce vendredi 29 mai à Ouagadougou sous la présidence du chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres a adopté un décret visant à réglementer les frais de scolarité dans les établissements privés d’enseignement, tout en annonçant la révocation de trois agents publics à l’issue d’un contrôle sur l’authenticité de leurs diplômes.
C’est l’une des principales décisions issues du Conseil. Les autorités burkinabè entendent désormais encadrer plus strictement les frais exigés par les structures privées d’enseignement, dans un contexte où le coût de la scolarité suscite régulièrement des critiques de parents d’élèves et d’étudiants.
Selon les explications fournies par le gouvernement, la nouvelle réglementation couvre l’ensemble des frais liés au parcours académique : inscription, formation, laboratoire, soutenance, établissement des diplômes ou encore divers services pédagogiques proposés par les établissements.
La mesure concerne un large éventail d’institutions : écoles primaires privées, établissements du secondaire général, technique et professionnel, universités privées, grandes écoles et autres structures d’enseignement supérieur.
Concrètement, le décret prévoit une catégorisation des établissements selon des critères définis par les autorités. Les montants des frais de scolarité devront ensuite être fixés en fonction de cette classification, avec un système de contrôle régulier et une actualisation annuelle des établissements concernés.
Le gouvernement prévient également que des sanctions sont prévues contre les structures qui appliqueraient des frais supérieurs aux plafonds autorisés par les textes d’application.
À travers cette réforme, les autorités affichent la volonté de mieux réguler un secteur en pleine expansion, souvent critiqué pour l’hétérogénéité des coûts et le manque d’encadrement des pratiques tarifaires.
Trois agents publics révoqués après un contrôle de diplômes
Autre décision annoncée : la révocation de trois agents de la fonction publique à la suite d’un processus de vérification portant sur l’authenticité des diplômes et titres ayant servi à leur recrutement ou à leur évolution de carrière.
Selon le gouvernement, les mesures concernent une agente affectée à la Présidence du Faso, un agent du ministère chargé de la Sécurité ainsi qu’un cadre relevant du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme.
Cette décision s’inscrit dans une campagne plus large de contrôle administratif engagée par les autorités burkinabè afin d’assainir la fonction publique et de lutter contre l’usage de faux diplômes dans les recrutements et promotions administratives.
Depuis plusieurs mois, le pouvoir multiplie les annonces autour de la moralisation de l’administration publique, dans un contexte de réforme institutionnelle et de réorganisation de l’appareil étatique.







