Le paysage politique cap-verdien s’apprête à connaître un tournant. Au terme des élections législatives du 17 mai, le principal parti d’opposition, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), est arrivé en tête avec 48,04 % des suffrages et décroche la majorité absolue à l’Assemblée nationale, selon les résultats définitifs rendus publics vendredi par la Commission nationale des élections.
Avec 37 sièges sur les 72 que compte le Parlement, le PAICV retrouve une position dominante sur l’échiquier politique cap-verdien et se donne les moyens de gouverner sans coalition. Lors de l’annonce officielle des résultats, la présidente de la Commission nationale des élections, Maria do Rosário Pereira Gonçalves, a confirmé la victoire parlementaire du parti d’opposition.
Face au PAICV, le Mouvement pour la démocratie (MpD), formation du Premier ministre sortant Ulisses Correia e Silva, termine à la deuxième place avec 33 députés. Un revers politique pour le chef du gouvernement, au pouvoir depuis une décennie.
Cette alternance politique intervient toutefois dans un contexte marqué par une forte démobilisation électorale. Le scrutin a enregistré un taux d’abstention inédit depuis l’instauration du multipartisme dans l’archipel il y a 35 ans. Plus d’un électeur sur deux ne s’est pas rendu aux urnes : la participation s’est limitée à 46,5 %, tandis que 53,5 % des inscrits se sont abstenus.
Fort de cette victoire, le leader du PAICV, Francisco Carvalho, devrait être chargé de former le prochain gouvernement. Sa nomination au poste de Premier ministre ouvrirait une nouvelle séquence politique au Cap-Vert, après dix années de gouvernance menées par Ulisses Correia e Silva.
Au-delà du résultat électoral, ce scrutin marque le retour de l’opposition aux commandes dans un pays souvent cité pour la stabilité de ses institutions démocratiques en Afrique de l’Ouest.







