Dans un entretien accordé au média panafricain Les Nouvelles d’Afrique, Me Amadou Aly Kane, avocat et défenseur des droits humains, estime que le départ d’Ousmane Sonko du gouvernement n’est « pas une surprise ».
Selon lui, il s’agissait même de « la chronique d’un remaniement annoncé, pour ne pas dire d’un limogeage annoncé », tant les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre étaient devenues tendues.
« Tout le monde savait qu’entre le numéro un du pays et son second, la relation n’était plus au beau fixe », affirme-t-il.
Pour Me Amadou Aly Kane, le chef de l’État disposait de tous les moyens institutionnels pour agir :
« Le président ayant entre les mains le décret, il fallait s’attendre à ce qu’il s’en serve un jour. »
L’analyste évoque désormais une possible recomposition politique au Sénégal, avec des repositionnements au sein de l’administration et de la majorité.
Il souligne également le poids du contexte économique dans cette décision. Selon lui, les difficultés du Sénégal à renouer avec le Fonds monétaire international et certains bailleurs internationaux auraient fragilisé le pouvoir en place.
« Il fallait lancer un signal politique fort », explique-t-il, estimant que les positions critiques d’Ousmane Sonko envers le FMI et la Banque mondiale pouvaient constituer un frein au dialogue avec les partenaires financiers.
Pour Me Amadou Aly Kane, cette rupture ouvre désormais une nouvelle phase politique au Sénégal, où « les jeux sont ouverts ».







