Face aux députés ce vendredi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenté de répondre aux inquiétudes grandissantes des Sénégalais sur la situation économique du pays, dans une séance parlementaire très suivie à Dakar.
Pendant plusieurs heures, le chef du gouvernement a été interpellé sur le coût de la vie, l’emploi des jeunes, les réformes institutionnelles, le climat politique ou encore la stratégie économique du nouveau pouvoir. Une intervention qui intervient dans un contexte où les attentes restent fortes, plus de deux ans après l’arrivée du tandem Bassirou Diomaye Faye Ousmane Sonko à la tête du pays.
Le Premier ministre a reconnu les difficultés vécues par une partie de la population.
« Oui, les Sénégalais vivent des difficultés. Nous les vivons avec eux », a-t-il déclaré devant les parlementaires.
Ousmane Sonko a assuré que l’État cherchait à limiter les conséquences des tensions économiques sur les ménages, expliquant que certaines mesures avaient déjà été prises pour amortir les chocs sur les prix et le quotidien des familles.
Le chef du gouvernement a également défendu le plan de redressement économique engagé par les autorités, présenté comme une réponse aux déséquilibres hérités des précédentes gestions.
« Quand on parle de redressement, cela signifie qu’il faut corriger ce qui a été tordu », a-t-il lancé.
Mais au-delà des discours économiques, cette séance a aussi pris une dimension très politique. Les députés ont évoqué plusieurs sujets sensibles, notamment les réformes institutionnelles en cours, le projet de réforme du code électoral et les attentes autour du dialogue national lancé par le président Diomaye Faye.
Sur le front social, Ousmane Sonko a insisté sur la question de l’emploi, devenue l’une des principales préoccupations de la jeunesse sénégalaise.
« La politique de l’emploi est notre priorité absolue et nous allons créer des milliers d’emplois », a promis le Premier ministre.
Il a également plaidé pour un « patriotisme économique » davantage tourné vers les intérêts nationaux, tout en assurant que le Sénégal ne comptait pas se fermer aux investisseurs étrangers.
Dans l’hémicycle, l’ambiance oscillait entre confrontation politique et attente de réponses concrètes. Car derrière les débats parlementaires, beaucoup de Sénégalais continuent surtout d’attendre une amélioration tangible de leur quotidien, dans un contexte marqué par le chômage, la vie chère et les incertitudes économiques.
Le Premier ministre a enfin réaffirmé sa volonté de poursuivre la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics, estimant que la reddition des comptes devait permettre de restaurer davantage de justice sociale.
« Nous continuerons à dire la vérité aux Sénégalais », a-t-il assuré.
Cette nouvelle apparition d’Ousmane Sonko devant les députés était particulièrement observée, alors que le pouvoir tente de conjuguer promesse de rupture, exigences de résultats et nécessité d’apaisement du climat politique sénégalais.






