La tension est montée jeudi à l’hôpital général de Rwampara, près de Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo. Après le décès d’un patient suspecté d’être atteint du virus Ebola, des scènes de panique et de colère ont éclaté au sein de la structure sanitaire, déjà sous forte pression depuis le début de l’épidémie.
Selon plusieurs sources sanitaires citées par des médias locaux, des proches du défunt ont tenté de récupérer le corps malgré les consignes de sécurité imposées par les équipes médicales. Dans les zones touchées par Ebola, la gestion des dépouilles reste l’un des moments les plus sensibles, les contacts avec les corps pouvant favoriser la propagation du virus.
La situation a rapidement dégénéré. Dans la confusion, les six patients pris en charge sur le site dont trois cas confirmés d’Ebola et trois cas suspects, auraient quitté les lieux.
Des installations de l’ONG ALIMA, notamment des tentes et du matériel médical, ont également été incendiées au cours des incidents.
Sur place, les équipes humanitaires ont dû être placées sous protection militaire, tandis que des policiers ont été déployés autour de l’hôpital pour tenter de reprendre le contrôle de la zone.
Au-delà de l’incident, cet épisode illustre surtout le climat de peur et de méfiance qui continue d’entourer Ebola dans plusieurs régions de l’est congolais. Entre angoisse des familles, rumeurs et fatigue des populations face aux crises sanitaires répétées, les équipes médicales peinent souvent à faire respecter les mesures de prévention.
Selon la division provinciale de la santé de l’Ituri, au moins 626 cas suspects et 160 décès suspects ont déjà été enregistrés dans les cinq zones de santé affectées par l’épidémie.
Les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance et appellent les habitants à respecter strictement les consignes médicales afin d’éviter une aggravation de la situation.







