À Conakry, le ton se voulait direct et sans détour. Face aux principaux responsables de l’administration publique, le Premier ministre Amadou Oury Bah a demandé vendredi un changement profond dans la façon de conduire l’action de l’État à partir de 2026.
Réunis à la Plage de Camayenne, secrétaires généraux, inspecteurs généraux, cadres des ministères et responsables des services de planification ont assisté à une séance de travail consacrée aux nouvelles orientations gouvernementales. Derrière les présentations techniques et les objectifs administratifs, le message du chef du gouvernement était clair : l’administration guinéenne doit désormais être jugée sur ce qu’elle produit concrètement pour la population.
Dans un pays où les citoyens dénoncent régulièrement les lenteurs administratives, les promesses non tenues ou les difficultés d’accès aux services publics, Amadou Oury Bah a insisté sur la notion de résultats. Selon lui, les réformes engagées ne pourront produire d’effets que si chaque département assume pleinement ses responsabilités et rend compte de son action.
Les priorités évoquées pour 2026 concernent notamment l’éducation, l’accès à l’énergie, l’industrialisation et la modernisation de l’appareil administratif. Des secteurs sensibles qui restent au cœur des préoccupations quotidiennes des Guinéens.
Le Premier ministre a également insisté sur le suivi des performances des ministères et des services publics. L’objectif affiché par le gouvernement est de renforcer la culture de l’évaluation dans l’administration, avec des objectifs précis assignés à chaque structure.
Au-delà des discours institutionnels, cette rencontre traduit aussi une volonté des autorités de montrer que la réforme de l’État reste l’un des grands chantiers ouverts depuis l’arrivée des nouvelles autorités. Mais sur le terrain, beaucoup de citoyens continuent d’attendre des changements visibles dans leur vie quotidienne, entre difficultés économiques, chômage des jeunes et insuffisance des services publics.
Pour plusieurs observateurs, le véritable défi ne sera pas l’annonce des réformes, mais leur application concrète dans une administration souvent confrontée à des problèmes de moyens, d’organisation et de gouvernance.







