À Khartoum, identifier et enterrer les victimes de la guerre est devenu un défi quotidien. Dans un entretien réalisé par nos confrères de TV5 monde sur place, le constat est alarmant.
Dans une morgue de fortune, des volontaires recensent les corps retrouvés et publient leurs données dans l’espoir de retrouver les familles. « Nous attendons quelques jours, sinon ils sont enterrés sur place », explique Ali Gebbai, devenu fossoyeur.
Après plus de trois ans de conflit entre l’armée et les paramilitaires, aucun bilan officiel n’existe. Les estimations évoquent des dizaines de milliers de morts, voire plus de 200 000 selon certaines sources humanitaires. « On ne peut ignorer le traumatisme », souligne le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
À Khartoum, environ 28 000 corps ont été exhumés et réenterrés, mais les morgues ont été détruites et les capacités restent très limitées. Dans plusieurs régions, les victimes sont enterrées à la hâte, parfois sans identification.
Faute de laboratoires, les prélèvements ADN ne peuvent être analysés, compliquant l’identification des disparus. Le CICR en recense au moins 11 000. « L’absence de réponse laisse une plaie ouverte », insiste l’organisation.







