Au Tchad, la tension politique s’accentue après l’interdiction d’une manifestation annoncée par l’opposition pour le 2 mai 2026. En toile de fond, une décision de la Cour suprême suivie d’un communiqué du ministère de la Sécurité publique.
Selon les autorités, un arrêt rendu le 24 avril 2026 a prononcé la nullité du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP). Ce qui rend illégales ses activités sur l’ensemble du territoire national.
Le ministre de la Sécurité publique, le général Ali Ahmat Agbach, affirme également que des appels à mobilisation circulent pour une « marche d’indignation et de protestation ». Une initiative que le gouvernement considère comme une menace à l’ordre public.
« Il est demandé de cesser immédiatement cette manœuvre », avertit le communiqué, évoquant des sanctions en cas de non-respect.
La réaction de l’opposition ne s’est pas fait attendre. Pahimi Padacké Albert, chef de file de l’opposition et ancien Premier ministre, s’insurge.
« Nous dénonçons avec force l’interdiction des manifestations pacifiques au Tchad. La fermeture systématique des voies d’expression pacifique et la répression des voix dissidentes révèlent la nature monolithique de ce pouvoir », a-t-il déclaré.
Il accuse également les autorités d’« instrumentalisation du pouvoir judiciaire » et met en garde contre les conséquences d’un rétrécissement de l’espace civique. Selon lui, « l’étouffement des libertés » pourrait favoriser des formes plus radicales de contestation.
Dans sa déclaration, Pahimi Padacké Albert appelle notamment à rouvrir l’espace politique et civique, autoriser la marche du 2 mai, libérer les prisonniers d’opinion, engager un dialogue inclusif entre les acteurs politiques.







