Conakry, jeudi 23 avril 2026, après les manifestations et scènes de violences enregistrées entre mardi et mercredi dans plusieurs établissements scolaires de la capitale guinéenne, la rédaction des Nouvelles d’Afrique est allée à la rencontre d’Aboubacar Djesto Camara, secrétaire général adjoint du Syndicat national de l’éducation (SNE) et chargé de la communication, de l’intersyndicale de l’éducation.
D’entrée, il balaie les rumeurs faisant état d’un mot d’ordre de grève.
« On ne peut pas aller à une seule réunion et décider le lendemain d’une grève. Lorsqu’une grève doit être déclenchée par un syndicat responsable, il faut respecter toute la procédure », a-t-il expliqué.
Des violences sans lien avec une grève
Selon l’intersyndicale, les troubles enregistrés dans certaines écoles ne relèvent pas d’un mouvement syndical, mais d’actes isolés visant à semer la confusion.
« Des jeunes, parfois à moto et habillés en tenue scolaire, sont venus créer la panique en jetant des projectiles dans les écoles », affirme Aboubacar Djesto Camara.
Ces incidents ont entraîné des débordements dans plusieurs établissements, certains élèves ayant cru, à tort, au déclenchement d’une grève générale.
Des enseignants fragilisés par la crise économique
Le syndicat met également en avant une réalité sociale difficile. Une « crise de liquidité » toucherait particulièrement les enseignants, expliquant certaines absences constatées.
« Cette crise frappe beaucoup plus les enseignants », souligne le porte-parole, évoquant des difficultés à subvenir aux besoins essentiels.
Des discussions engagées avec le gouvernement
Malgré les tensions, des avancées sont signalées dans le dialogue avec les autorités. Plusieurs commissions ont été relancées pour examiner les revendications du secteur éducatif, notamment :
-la révision des statuts particuliers,
-le traitement des dossiers des enseignants contractuels,
-et le paiement des primes de fonction.
Sur ce dernier point, l’intersyndicale dénonce une inégalité persistante.
« Il est incompréhensible que d’autres secteurs continuent de percevoir ces primes, alors que les responsables du système éducatif en sont privés », déplore-t-il.
Un appel au calme et à la responsabilité
Face à la confusion, l’intersyndicale appelle à l’apaisement et insiste sur la nécessité d’un dialogue constructif.
« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est la concertation, la coopération et la collaboration entre le syndicat et le gouvernement. Il faut se débarrasser de la manipulation, de la délation et de la division », insiste Aboubacar Djesto Camara.
Il invite les enseignants à poursuivre les cours, les élèves à éviter toute violence et les parents à privilégier la stabilité scolaire.
« L’école guinéenne est un bien commun. Elle appartient à chacun de nous. Nous ne pouvons pas créer des spirales de violence alors que nous enseignons le civisme », conclut-il.
Dans un contexte marqué par la désinformation et les tensions sociales, cet appel vise à restaurer le calme dans les écoles et à préserver l’essentiel : le droit à une éducation stable et sécurisée pour tous les élèves guinéens.







