Des groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ont annoncé une trêve de trois jours à partir de mercredi, affirmant vouloir permettre l’accueil du pape « en toute sécurité » dans cette zone en proie à un conflit armé depuis plusieurs années.
Dans un communiqué diffusé lundi, ces mouvements, qui se réclament de la lutte pour l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ont indiqué suspendre temporairement les combats afin de « montrer leur respect pour le chef de l’Église catholique » et de « garantir la sécurité des populations civiles pendant la visite ». Aucune information n’a en revanche été donnée sur les modalités concrètes du respect de cette trêve sur le terrain.
Les régions concernées représentent près de 20 % de la population camerounaise et sont majoritairement chrétiennes. Elles sont le théâtre, depuis 2016, d’un conflit opposant les forces de sécurité camerounaises à divers groupes séparatistes, un affrontement qui a fait des milliers de morts et déplacé plusieurs centaines de milliers de personnes, selon les organisations humanitaires.
La visite annoncée du souverain pontife est perçue par de nombreux observateurs comme un moment symbolique fort dans un pays où l’Église catholique joue un rôle social et politique important, notamment dans la médiation des crises et l’assistance aux populations vulnérables. Des responsables religieux locaux ont appelé ces derniers jours à un apaisement durable et à la protection des civils durant cet événement exceptionnel.
Du côté des autorités camerounaises, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la publication de cet article. Les forces de sécurité restent toutefois déployées massivement dans les zones concernées, et les déplacements y sont régulièrement soumis à des restrictions, en raison des affrontements fréquents, des enlèvements et de l’insécurité persistante.
Par le passé, plusieurs annonces unilatérales de cessez-le-feu par les groupes séparatistes ont eu un impact variable sur le terrain, certains combats ayant parfois repris malgré les engagements publics. Des organisations de la société civile ont donc appelé à la prudence, tout en saluant « un signal positif, même temporaire », susceptible de réduire les violences à court terme.
La venue du pape, si elle se déroule comme prévu, pourrait offrir une rare fenêtre de répit dans ce conflit largement oublié de la communauté internationale, mais aussi remettre la question anglophone au centre de l’attention diplomatique et humanitaire







