Le Mali opère un tournant diplomatique majeur. Bamako a annoncé, ce vendredi 10 avril 2026, le retrait de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique, lors d’un point de presse conjoint avec le chef de la diplomatie marocaine en visite officielle.
Face à son homologue Nasser Bourita, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a officialisé la décision :
« La République du Mali a décidé, ce jour, de retirer sa reconnaissance de la “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) », a-t-il déclaré, précisant qu’elle fait suite à « une analyse approfondie » tenant compte des enjeux de paix et de sécurité sous-régionales.
Un virage géopolitique
Ce revirement marque une rupture avec une position historique. Le Mali reconnaissait la RASD depuis 1980, soit quatre ans après sa proclamation d’indépendance.
Le dossier du Sahara occidental reste l’un des plus sensibles du continent africain. Ce territoire, situé entre le Maroc et l’océan Atlantique, est au cœur d’un différend opposant Rabat au Front Polisario, soutenu notamment par l’Algérie.
Le retrait de Bamako intervient dans un contexte diplomatique tendu avec Alger, mais aussi de recomposition des alliances régionales, marquées notamment par un rapprochement du Mali avec la Russie.
La décision malienne a été saluée par Rabat. Dans la foulée, Nasser Bourita a annoncé la suppression de l’autorisation électronique de voyage pour les ressortissants maliens souhaitant se rendre au Maroc.
Autre mesure significative : le royaume a décidé de porter à 300 le quota annuel de bourses d’études accordées aux étudiants maliens, renforçant ainsi la coopération bilatérale.
Ce repositionnement diplomatique de Bamako pourrait avoir des répercussions sur les équilibres régionaux, dans un dossier où les lignes restent profondément clivées.







