Dans plusieurs quartiers périphériques de Bamako, la crise d’accès à l’eau potable s’intensifie, mettant à rude épreuve le quotidien des populations. Entre coupures prolongées et réseaux insuffisants, les habitants doivent parcourir de longues distances ou payer cher pour se procurer quelques litres d’eau, une situation devenue insoutenable pour de nombreux ménages.
Dans ces zones en pleine expansion, la pénurie n’est plus ponctuelle, mais quasi permanente. Les familles, notamment les plus modestes, se retrouvent contraintes de rationner l’eau pour les besoins essentiels : cuisine, hygiène ou lessive. Face à cette réalité, une solution refait surface dans les discussions : la relance de « l’opération citernes ».
Ce dispositif, déjà expérimenté par le passé, consistait à déployer des camions-citernes dans des points stratégiques afin d’approvisionner les populations durant les périodes de rupture. Accessible à tous, ce système permettait de garantir un minimum vital en attendant le rétablissement du réseau. Aujourd’hui, son absence se fait cruellement sentir.
« Une telle initiative, si elle revenait, serait comme un pauvre qui tombe sur un billet de 10 000 F », témoigne un habitant du quartier de Yirimadio, illustrant l’espoir suscité par cette mesure d’urgence.
Au-delà des difficultés d’accès, les populations dénoncent également la flambée des prix de l’eau, alimentée par la rareté et la spéculation. Dans certains quartiers, le coût du bidon a fortement augmenté, aggravant la précarité des ménages déjà fragilisés.
Face à cette situation, les habitants interpellent les autorités et les structures en charge du secteur, notamment la SOMAGEP, afin qu’elles prennent des mesures immédiates. Pour beaucoup, la remise en place des citernes ne relève plus d’un simple ajustement, mais d’une réponse urgente à une crise humanitaire silencieuse.
Au-delà de l’urgence, c’est toute la question de la gestion de l’eau dans une capitale en forte croissance qui est posée. L’absence d’anticipation et de planification face aux pics de consommation laisse régulièrement les populations sans solution pendant plusieurs jours, voire des semaines.
Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour appeler à la mise en œuvre d’un véritable plan de gestion de crise, capable d’anticiper les pénuries, d’organiser le ravitaillement et d’assurer une distribution équitable. Car à Bamako, l’accès à l’eau potable ne devrait pas être un privilège, mais un droit fondamental.
AS/MW/LNA







