La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a nommé l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo à la tête de sa mission d’observation électorale en vue de la présidentielle prévue le 12 avril 2026 au Bénin. Une décision qui intervient dans un contexte politique particulier, marqué par un scrutin à deux candidats et le retrait du principal parti d’opposition.
Selon une notification du président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, la mission sera déployée du 7 au 15 avril, conformément au protocole régional sur la démocratie et la bonne gouvernance. L’organisation sous-régionale appelle les acteurs politiques à faire preuve de « responsabilité, de retenue et d’engagement en faveur de la paix ».
Sur le plan électoral, seuls deux tandems ont été validés par la Cour constitutionnelle. Il s’agit du duo formé par Romuald Wadagni et la vice-présidente sortante Mariam Chabi Talata, soutenu par le pouvoir en place, et celui conduit par Paul Hounkpè, candidat de la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), avec Judicael Hounwanou comme colistier.
Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, dirigé par Nourénou Atchadé, a été écarté du processus pour insuffisance de parrainages. En réaction, il a annoncé ne soutenir aucun candidat, optant pour une position de boycott qui limite davantage la compétitivité du scrutin.
La campagne électorale, lancée le 27 mars, a déjà débuté sur le terrain. Romuald Wadagni, également ministre des Finances et proche du président sortant Patrice Talon, a entamé une tournée dans le nord du pays, notamment à Kandi, Banikoara et Ségbana, mettant l’accent sur l’agriculture, l’emploi des jeunes et la sécurité.
Face à lui, Paul Hounkpè apparaît comme le principal challenger dans une élection que certains observateurs jugent peu ouverte.
À noter que la Constitution béninoise, révisée en novembre 2025, prévoit désormais un mandat présidentiel de sept ans, renouvelable une seule fois. Le futur président pourrait ainsi rester en fonction jusqu’en 2033. En cas d’absence de majorité absolue au premier tour, un second tour est prévu le 10 mai 2026.
Le président sortant Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, ne se représente pas, conformément aux dispositions constitutionnelles qui limitent le nombre de mandats.







