Le Kenya est frappé depuis début mars par des pluies torrentielles d’une violence exceptionnelle, provoquant des inondations massives, des glissements de terrain et des scènes de chaos dans plusieurs régions du pays. Selon un bilan officiel publié dimanche, au moins 81 personnes ont perdu la vie et des milliers d’habitants ont été contraints de fuir, parfois avec leur bétail, face à la montée brutale des eaux.
Les autorités kényanes, qui ont ouvert plusieurs centres d’évacuation, appellent la population à faire preuve d’« extrême prudence » alors que les précipitations devraient se poursuivre jusqu’à mardi.
La capitale Nairobi est la région la plus touchée, avec 37 morts recensés. Les pluies ont transformé à plusieurs reprises les grands axes en torrents impétueux, emportant habitations, commerces et véhicules. Les égouts, déjà saturés, n’ont pas résisté à l’afflux d’eau, aggravant considérablement l’ampleur des inondations dans les quartiers les plus vulnérables.
Vendredi soir, les autorités ont demandé l’évacuation urgente de plusieurs bidonvilles situés en aval du barrage de Nairobi, en raison d’un risque imminent de rupture de digue, conséquence de la montée des eaux dans le réservoir. Pour l’heure, l’infrastructure tient bon, mais la crainte demeure forte parmi les habitants.
Kiambu et Kasaka : noyades et glissements de terrain
Au nord de la capitale, dans le comté de Kiambu, deux personnes sont mortes noyées dans la nuit de samedi à dimanche à la suite de crues soudaines, a indiqué la police à l’AFP.
Plus à l’ouest, dans le village de Kasaka, deux autres personnes ont été tuées ce week‑end lors de glissements de terrain ayant enseveli plusieurs habitations, selon la chaîne kényane Citizen TV.
Les crues soudaines ont déjà détruit des milliers d’habitations, submergé des zones agricoles entières et endommagé de multiples infrastructures, notamment dans la région de Nairobi où les routes se transforment régulièrement en torrents.
La gestion des eaux pluviales est au cœur des critiques : le gouverneur de Nairobi, Johnson Sakaja, avait promis en 2022 d’améliorer les systèmes de drainage, mais la réalité du terrain montre l’ampleur des insuffisances, suscitant la colère de nombreux habitants.
Une catastrophe amplifiée par le changement climatique
Les scientifiques rappellent que le changement climatique d’origine humaine augmente la fréquence, la gravité et la durée des épisodes météorologiques extrêmes, comme les pluies torrentielles qui dévastent actuellement le Kenya.
L’Afrique de l’Est connaît depuis vingt ans des périodes très humides ou très sèches, de plus en plus intenses et rapprochées. Le Kenya n’est pas le seul pays touché : au moins 81 personnes sont également mortes en Éthiopie ce mois‑ci à cause d’inondations et de glissements de terrain, signe d’un phénomène régional de grande ampleur.







