Plus d’une semaine après la dissolution d’une quarantaine de partis politiques, la question continue de faire réagir en Guinée. Réunis ce mardi 17 mars 2026 à la Maison de la presse, des acteurs du Forum civil guinéen ont appelé les autorités à reconsidérer cette décision, qu’ils jugent préoccupante pour le pluralisme politique.
Prenant la parole, le président du Forum civil guinéen, Ibrahima Balaya Diallo, a insisté sur la nécessité de préserver la diversité des opinions. « On veut croire que peut-être la démocratie est suspendue et qu’elle va renaître de ses cendres. Aujourd’hui, on a besoin d’une pluralité des expressions et des pensées, et cela passe par l’exercice libre de la politique », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence de pluralisme pourrait fragiliser les institutions. « On ne peut plus, au XXIe siècle, se permettre d’avoir des partis uniques. Une assemblée monocolore, où toutes les décisions vont dans le même sens, ce n’est pas ça la démocratie », a-t-il martelé, appelant à un véritable contre-pouvoir au sein des institutions.
Au-delà de l’enjeu politique, Balaya Diallo a également évoqué les conséquences économiques d’un tel contexte. « Les investisseurs ne sont pas dupes. Ils ne viennent pas dans des pays où la démocratie n’est pas garantie. Ils ont besoin d’institutions crédibles capables de voter des lois de manière indépendante », a-t-il expliqué, en référence notamment aux ambitions liées au programme Simandou 2040.
Le responsable de la société civile a ainsi exhorté les autorités à ouvrir un cadre de concertation. « Nous demandons qu’un couloir de dialogue soit ouvert et que la participation politique soit garantie au plus grand nombre », a-t-il plaidé, rappelant que « le pacte international relatif aux droits civils et politiques reconnaît à chaque citoyen le droit de participer à la gestion des affaires publiques ».
Enfin, il a appelé à plus de transparence sur les raisons de cette décision. « Il faut que l’État nous explique ce qui a prévalu à cette dissolution, surtout quand certains partis avaient été récemment certifiés ou réhabilités », a-t-il conclu.







