Ce 5 mai, le monde célèbre la Journée internationale des sages-femmes autour du thème : « Un million de sages-femmes de plus ». Une occasion de mettre en lumière un métier souvent discret, mais essentiel à la vie.
À Conakry, nous avons rencontré Hadja Fanta Camara, aujourd’hui à la retraite après près de quatre décennies passées au chevet des mères et des nouveau-nés. Dans sa voix, une fierté intacte, mais aussi une inquiétude pour l’avenir de la profession.
« Une sage-femme, c’est celle qui accompagne la vie du début à la fin de la grossesse. Nous suivons la mère, nous veillons sur l’enfant. En réalité, nous sauvons deux vies », résume-t-elle.
Pour elle, tout commence dès les premiers signes de grossesse. « Quand une femme arrive en disant qu’elle n’a plus vu ses règles, c’est à nous de confirmer, de suivre, de rassurer. Jusqu’à l’accouchement, nous sommes là. Et même après. »
Un engagement total, souvent dans des conditions difficiles. Car derrière la vocation, il y a aussi les réalités du terrain, notamment à l’intérieur du pays. « À Conakry, ça peut aller. Mais ailleurs, le manque de sages-femmes est réel. Souvent, ce sont des stagiaires ou des bénévoles qui tiennent les maternités », déplore-t-elle.
Elle se souvient de ses débuts à Tougué, où elle a été affectée très jeune. « On faisait tout. Il n’y avait pas les moyens d’aujourd’hui, mais on tenait bon même moins nombreux. »
Face à cette pénurie, Hadja Fanta plaide pour renforcer les effectifs. « S’il y avait plus de sages-femmes, certaines situations pourraient être évitées. »
L’actualité récente dans la préfecture de Mamou, où une femme aurait accouché sans assistance dans un centre de santé, l’a profondément marquée. « Ce n’est pas pour ça qu’on choisit ce métier. Être sage-femme, c’est un sacerdoce. Quand tu es de garde, tu dois être disponible, à toute heure. »
Au-delà des critiques, elle lance un appel à la conscience professionnelle. Pour elle, exercer ce métier ne peut se résumer à un simple emploi. « Il faut aimer ce que l’on fait. Sinon, on ne peut pas tenir. Ce métier demande du cœur. »
Un message qu’elle adresse aussi à la nouvelle génération : « Ne choisissez pas ce métier pour l’argent. Choisissez-le parce que vous voulez sauver des vies. »
Car pour Hadja Fanta Camara, être sage-femme, ce n’est pas seulement faire naître des enfants. C’est accompagner des familles, rassurer, orienter, et parfois être la première main tendue dans les moments les plus critiques.







