La décision des autorités d’interdire l’utilisation des engins lourds dans l’exploitation artisanale de l’or a provoqué des scènes de joie dans la ville de Siguiri. Dans la soirée du vendredi 13 mars 2026, de nombreux habitants sont descendus dans les rues pour célébrer l’annonce faite quelques heures plus tôt par le gouvernement.
Des chants, des danses et des rassemblements spontanés ont animé plusieurs quartiers de la ville, certains se poursuivant jusque tard dans la nuit. Parmi les manifestants figuraient notamment des acteurs de la société civile, qui voient dans cette décision une réponse aux revendications exprimées depuis plusieurs mois dans la localité.
Une décision annoncée par trois ministères
L’interdiction a été rendue publique à travers un communiqué conjoint du Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, du Ministère des Mines et de la Géologie et du Ministère de l’Environnement et du Développement durable, lu à la télévision nationale.
Le texte annonce l’interdiction formelle de l’utilisation d’engins lourds – notamment les pelles mécaniques, bulldozers et tractopelles – dans les sites d’exploitation minière artisanale.
Selon les autorités, cette mesure vise à limiter la dégradation de l’environnement, protéger les terres et les cours d’eau, prévenir les accidents sur les sites d’orpaillage et lutter contre l’exploitation minière illégale.
Le communiqué précise que tout engin lourd trouvé sur un site d’exploitation artisanale sera saisi par les autorités compétentes, et que les contrevenants s’exposeront à des poursuites judiciaires et à des sanctions financières.
Une revendication ancienne dans la région
Dans la préfecture de Siguiri, située dans la région aurifère du nord-est de la Guinée, la présence de machines dans les zones d’orpaillage artisanal est depuis longtemps source de tensions.
Ces derniers mois, plusieurs manifestations avaient été organisées pour dénoncer l’utilisation de ces engins dans les sites artisanaux. Certaines de ces mobilisations avaient conduit à des arrestations et à des condamnations de manifestants.
Pour de nombreux habitants, l’annonce de cette interdiction représente donc une avancée importante, même si certains acteurs locaux affirment attendre désormais son application effective sur le terrain.







