Une immense figure de la culture africaine vient de s’éteindre. Boncana Maïga, musicien visionnaire, arrangeur d’exception et animateur emblématique, est décédé ce samedi 28 février 2026 à Bamako, à l’âge de 77 ans. Le Mali, et au delà tout un continent, perd l’un de ses plus grands architectes sonores.
La nouvelle, confirmée par ses proches et par les autorités culturelles maliennes, a provoqué une vague d’émotion de Bamako à Paris, en passant par Abidjan et Dakar. Hospitalisé à la clinique Pasteur, « le Maestro » laisse derrière lui une œuvre monumentale qui a façonné, modernisé et internationalisé la musique ouest africaine pendant plus d’un demi siècle.
Artisan du métissage musical, Boncana Maïga a su marier avec une virtuosité rare les harmonies africaines et les sonorités latines, offrant au monde un langage musical neuf, solaire et immédiatement identifiable. En réunissant des chanteurs venus de tout le continent sur des rythmes afro latinos, il a rappelé, tout au long de sa carrière, que la musique demeure l’un des plus puissants vecteurs d’universalité.
Au delà du compositeur et du chef d’orchestre, le grand public gardera aussi le souvenir de l’homme de télévision. À la tête de l’émission « Stars Parade » sur TV5 Monde, il fut pendant des années l’un des ambassadeurs les plus élégants, bienveillants et accessibles de la culture africaine. Sous son regard calme et son sourire reconnaissable entre mille, des générations d’artistes ont trouvé une vitrine, une légitimité et parfois un véritable tremplin.
Un dernier hommage à un monument
Alors que les hommages affluent de partout – artistes, institutions, anonymes, anciens collaborateurs –, le Mali se prépare à dire adieu à l’un de ses fils les plus illustres. Car Boncana Maïga n’était pas seulement un technicien hors pair ; il était une mémoire vivante, un passeur, un bâtisseur de ponts entre les cultures.
Avec sa disparition, c’est une page majeure de la musique africaine qui se tourne. Mais son héritage, lui, continuera de résonner, sur les scènes, à la radio, et dans les cœurs de celles et ceux qu’il a inspirés.







