Le Gabon a suspendu Facebook, TikTok, YouTube et Instagram depuis plus d’une semaine, invoquant la diffusion de contenus jugés dangereux pour la dignité humaine, la cohésion sociale et la sécurité nationale. Le gouvernement dit être en discussion avec Meta et TikTok pour résoudre la situation. TikTok a déjà contacté le régulateur gabonais et affirme partager l’objectif d’un environnement numérique plus sûr.
Du côté de la présidence, Meta est accusé de n’avoir pas tenu compte des multiples alertes concernant des contenus diffamatoires ou violents. L’opposition gabonaise, menée notamment par Alain-Claude Bilie-By-Nze, dénonce une mesure « disproportionnée » et anticonstitutionnelle, portant atteinte aux libertés fondamentales. Malgré la coupure, les Gabonais contournent massivement les restrictions via les VPN, dont l’usage a explosé.
Réactions internationales
À l’étranger, la suspension suscite également de vives critiques : La BBC, relayée par plusieurs médias africains, souligne que cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions sociales croissantes et évoque les risques pour la liberté d’expression et l’accès à l’information, des préoccupations reprises par plusieurs observateurs internationaux. Des organisations de surveillance d’Internet, notamment NetBlocks, ont confirmé le blocage massif des plateformes et dénoncent une atteinte préoccupante aux communications numériques dans un pays déjà en crise sociale et politique. Enfin, plusieurs médias internationaux, dont Le Monde, traitent également cette suspension comme un signal politique fort, notant qu’elle intervient dans un climat tendu et pourrait accentuer les risques de conflit social dans un pays encore marqué par le coup d’État de 2023.
Le gouvernement assure que cette coupure n’est que temporaire, le temps d’améliorer la régulation des plateformes numériques et de « protéger l’intérêt supérieur » de la nation.







