En marge de la 6ᵉ édition de la Conférence africaine pour la paix, ouverte le 10 février 2026 à Nouakchott, l’opposant malien Mahmoud Dicko a accordé une interview exclusive à la rédaction de RFI Fulfulde et Mandenkan depuis la Mauritanie. Dans cet entretien, la figure religieuse et politique du Mali appelle vivement ses compatriotes à renouer avec le dialogue.
Participant à la Conférence africaine pour la paix, l’imam Mahmoud Dicko a lancé un appel pressant : « dialoguer avant qu’il ne soit trop tard » dans son pays. Un message adressé à tous les Maliens — hommes politiques, société civile, groupes armés. « Je l’ai dit dans le passé, je le répète aujourd’hui et je le dirai demain s’il le faut : il faut dialoguer pour mettre fin à ce bain de sang qui a trop duré. Tous les conflits du monde se sont résolus autour d’une table. Donc, il faut dialoguer avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il insisté.
Pour l’imam Dicko, il est urgent de mettre fin aux violences et d’engager un véritable processus de discussion. « Les militaires sont armés, les groupes jihadistes sont aussi armés, et, au milieu, il y a la population civile qui subit toutes les conséquences de cette crise », souligne-t-il.
L’ancien président du Haut Conseil islamique du Mali exprime également son inquiétude face au risque de voir Bamako, la capitale, quasiment encerclée par les groupes jihadistes.
Dans son interview, l’imam Mahmoud Dicko appelle les différentes parties à un sursaut pour stopper les affrontements et tracer une nouvelle voie.
Depuis septembre, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affiliés à al-Qaïda, ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaquent régulièrement des convois de carburant, tentant d’asphyxier l’économie nationale.
Mahmoud Dicko, qui a lancé en décembre la Coalition des forces pour la République (CFR) afin de s’opposer aux militaires au pouvoir depuis le coup d’État de 2020, se dit profondément préoccupé par la situation. Les jihadistes du Jnim, qui accentuent leur pression sur l’armée malienne, mènent désormais des opérations parfois très proches de la capitale.
Mamadou Dieng







