Le Mali, pays enclavé, a récemment été confronté à de graves pénuries de carburant pendant plusieurs semaines, dues aux attaques du JNIM contre les convois de camions-citernes qui approvisionnent le pays. Après une amélioration de la disponibilité du carburant à Bamako ces dernières semaines, l’attaque de jeudi montre que le JNIM reste actif dans le pays.
Le blocus imposé depuis septembre par le JNIM sur plusieurs villes maliennes, combiné aux attaques répétées contre les convois de carburant, avait paralysé l’économie nationale pendant plusieurs semaines, jusqu’à la capitale. Le convoi de plusieurs dizaines de camions-citernes incendié jeudi lors d’une attaque attribuée aux jihadistes risque de relancer la crise.
Depuis fin 2025, le Mali fait face à plusieurs épisodes de pénurie de carburant, provoqués par l’insécurité sur certains axes routiers, des perturbations logistiques et des retards d’acheminement depuis les pays fournisseurs. Ces tensions ont entraîné un ralentissement de l’activité économique et affecté les transports, l’électricité et certains services publics.
Mais l’approvisionnement en carburant s’est nettement amélioré à Bamako depuis décembre. Entre le 12 et le 18 janvier, 40 348 300 litres de carburant ont été importés, correspondant à 875 camions-citernes. Entre le 13 et le 21 janvier, 14 445 025 litres supplémentaires, soit 317 citernes, ont été enregistrés, selon les données présentées lors d’une réunion de concertation entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les acteurs du secteur pétrolier.
Lors de cette réunion, les autorités pensaient avoir désormais un contrôle total de la chaîne d’approvisionnement grâce au nouveau plan de convoyage et souhaitaient constituer un maximum de stocks avant le Ramadan, prévu à la mi-février. La surprise est survenue le jeudi 29 janvier avec l’incendie d’un convoi de plusieurs dizaines de camions.
Dans un communiqué, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a annoncé avoir tendu une embuscade à l’armée malienne entre Diboli et Kayes, sans mentionner l’attaque des camions-citernes.
Le groupe jihadiste mène de nombreuses opérations de ce type, provoquant des pénuries de carburant dans la capitale et entraînant de longues files d’attente devant les stations-service, des scènes de plus en plus fréquentes à Bamako.
Selon une source sécuritaire interrogée par l’AFP, les escortes militaires des camions-citernes ont été suspendues depuis quelques mois sur l’axe Sénégal-Mali, se concentrant sur l’axe en provenance de Côte d’Ivoire, d’où provient l’essentiel du carburant.
Enclavé, le Mali doit importer le carburant par voie routière, notamment depuis la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Mais les convois de camions-citernes sont régulièrement attaqués depuis septembre, perturbant gravement l’approvisionnement. Derrière ces embuscades meurtrières, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, affiche clairement son objectif : asphyxier l’économie malienne.
Les autorités assurent toutefois disposer, pour le moment, de stocks suffisants pour subvenir aux besoins.
Mamadou Dieng







