Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources publiques, l’alourdissement de la dette et des besoins croissants en infrastructures, les partenariats public-privé (PPP) s’imposent progressivement comme un outil central des politiques de développement en Afrique. Le message porté à Banjul par le président gambien Adama Barrow, lors de la 7e édition des Financial Afrik Awards, s’inscrit dans cette dynamique continentale : celle d’un changement de paradigme dans le financement de la croissance.
Une réponse aux contraintes budgétaires des États
De nombreux pays africains font face à des marges de manœuvre financières limitées, alors même que les attentes sociales en matière d’emplois, d’énergie, de transports, de santé ou d’éducation sont en forte hausse. Les PPP permettent aux États de partager les coûts, les risques et les responsabilités avec le secteur privé, tout en accélérant la réalisation de projets structurants sans recourir exclusivement à l’endettement public.
Mobiliser le capital et l’expertise du secteur privé
Au-delà de l’apport financier, les PPP offrent un accès à l’expertise technique, à l’innovation et aux capacités de gestion du secteur privé. Cette combinaison est particulièrement stratégique pour des secteurs à forte intensité capitalistique — infrastructures, énergie, télécommunications ou services urbains — où l’efficacité opérationnelle est déterminante pour la durabilité des projets.
Un outil de transformation économique
Bien encadrés, les PPP peuvent contribuer à améliorer la qualité des services publics, renforcer la compétitivité économique et stimuler l’investissement local et étranger. Ils favorisent également l’émergence d’écosystèmes économiques autour de projets concrets, créateurs d’emplois et de valeur ajoutée.
Un cadre à consolider pour maximiser l’impact
Toutefois, le succès des PPP repose sur des conditions clés : une gouvernance transparente, des cadres juridiques clairs, une capacité de négociation renforcée des États et un partage équilibré des risques. Sans ces garde-fous, les PPP peuvent générer des déséquilibres financiers ou des tensions sociales.
Vers un nouveau modèle de financement du développement
En mettant en avant les PPP comme alternative à l’endettement classique, les autorités africaines cherchent à bâtir un modèle de développement plus résilient, fondé sur la coopération, l’innovation financière et la mesure de l’impact. Dans cette perspective, les partenariats public-privé apparaissent moins comme une option conjoncturelle que comme un instrument structurant de la transformation économique du continent.







