En 2025, les attaques jihadistes se sont étendues du Sahel vers les pays côtiers, transformant le nord du Bénin en zone stratégique. Selon l’ONG Acled, la région tri-frontalière Bénin-Niger-Nigeria est désormais un point névralgique du conflit.
Les violences jihadistes, longtemps concentrées au Sahel, gagnent du terrain vers les pays côtiers. Le Bénin a connu en 2025 son année la plus meurtrière, avec une hausse de 70 % des décès par rapport à 2024. L’ONG Acled observe la formation d’un « nouveau front » dans la zone tri-frontalière Bénin-Niger-Nigeria, où les groupes sahéliens affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique (JNIM et EIS) convergent avec des factions nigérianes.
Cette extension marque un tournant : les théâtres sahéliens et nigérians fusionnent progressivement en un espace interconnecté de violence, du Mali à l’ouest du Nigeria. Au Sahel, les attaques ont causé plus de 10 000 morts en 2025, un chiffre similaire à 2024, mais avec des opérations intensifiées : blocus économique au Mali, violences record dans l’ouest et le sud, et campagnes d’enlèvements ciblant les étrangers (22 au Mali, 8 au Niger).
Le nord du Bénin, notamment la zone des parcs sous le fleuve Niger, est devenu un passage clé pour la logistique jihadiste et criminelle. « Si on ne fait rien, on leur laisse la route et la capacité de circulation », avertit une source militaire occidentale. Pendant ce temps, les juntes militaires sahéliennes, hostiles à la France, renforcent leurs liens avec la Russie, accentuant la recomposition géopolitique dans la région.







