Le procès de Sanna Manjang, ancien membre du groupe paramilitaire gambien des “Junglers”, s’ouvrira le 15 janvier à Banjul. Arrêté fin novembre au Sénégal lors d’une opération conjointe des forces de sécurité sénégalaises et gambiennes, il a été extradé puis placé en détention en Gambie. Manjang est poursuivi pour trois meurtres, dont celui du journaliste Deyda Hydara, correspondant de l’AFP tué en 2004 sous le régime de Yahya Jammeh.
Lors de sa comparution le 11 décembre, l’accusé est apparu calme ; le tribunal a rejeté sa demande de liberté sous caution. Selon les autorités gambiennes, Manjang est cité dans les conclusions de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) pour son rôle présumé dans des actes de torture, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires. D’autres chefs d’inculpation pourraient encore être ajoutés.
Considéré comme l’un des Junglers les plus redoutés, Manjang aurait participé à la répression de l’opposition durant les deux décennies de pouvoir de Yahya Jammeh, aujourd’hui exilé en Guinée équatoriale. Parmi les victimes figure Deyda Hydara, journaliste aguerri, cofondateur du quotidien The Point et critique régulier des atteintes à la liberté de la presse. Le jugement de Sanna Manjang est perçu comme une étape clé dans la quête de justice post-Jammeh en Gambie.







