L’organisation Reporters sans Frontières (RSF) a condamné lundi la détention arbitraire d’Ali Moumouni, journaliste béninois du média d’investigation Olofofo, incarcéré depuis juillet 2025. Son arrestation intervient quelques jours après celle de Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du même média, interpellé en Côte d’Ivoire puis extradé au Bénin.
Des arrestations controversées
Le 10 juillet, Hugues Comlan Sossoukpè, critique du pouvoir béninois, a été arrêté à Abidjan alors qu’il participait à un salon sur l’innovation numérique. Malgré son statut de réfugié politique au Togo, il a été extradé vers Cotonou et placé à la prison civile de Ouidah.
Six jours plus tard, Ali Moumouni a été interpellé à Cotonou “sans motif officiel ni mandat d’arrêt”, selon RSF.
Depuis, les deux journalistes sont poursuivis par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour des accusations graves : « incitation à la violence », « harcèlement par communications électroniques » et « apologie du terrorisme ». Aucune visite familiale n’a été autorisée, déplore la famille d’Ali Moumouni.
RSF dénonce une affaire politique
Pour RSF, ces arrestations sont liées à la collaboration d’Ali Moumouni avec Olofofo, média critique interdit de diffusion en mars 2025.
« Une simple collaboration professionnelle ne peut justifier la détention d’un journaliste », affirme Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, qui exige la libération immédiate des deux hommes.
Un climat inquiétant pour la presse
Le gouvernement béninois, par la voix de son porte-parole Wilfried Léandre Houngbedji, rappelle que « la liberté d’expression s’accompagne du devoir d’assumer ou de prouver ses allégations ».
Cette affaire intervient dans un contexte de recul de la liberté de la presse : le Bénin occupe désormais la 92e place sur 180 pays dans le Classement mondial RSF 2025.







