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Sédhiou, là où les cloches des vaches ont cédé la place aux fusils !

admin de admin
24 octobre 2025
dans À la une, Afrique
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Sédhiou, là où les cloches des vaches ont cédé la place aux fusils !
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‎À la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, les pâturages ne résonnent plus que du tintement des cloches de vaches, mais des échos d’armes à feu. Dans la région de Sédhiou, les éleveurs vivent sous la menace constante de bandes armées venues d’en face. Entre peur, colère et sentiment d’abandon, une guerre silencieuse s’installe autour du bétail, richesse vitale de toute une région. 

‎Sous un soleil de plomb, la chaleur dépasse les 45 degrés à Sédhiou. Au milieu des herbes jaunies, Lamine Camara, la soixantaine, surveille comme du lait sur le feu son troupeau d’une centaine de vaches. Le visage buriné, il garde l’œil vif et le regard alerte. Depuis plusieurs mois, dans cette zone frontalière, la peur a remplacé la sérénité des pâturages : des bandes armées venues de Guinée-Bissau s’en prennent régulièrement aux éleveurs.

‎‎«Des voleurs traversent la frontière et attaquent nos troupeaux», raconte Lamine, installé avec ses fils près de quatre huttes en paille. Entre deux arbres, une balançoire de corde lui sert de lit. « Ce sont des manodjes. Ils sont armés d’AK-47 et d’armes blanches. Ils n’hésitent pas à tuer. Pas plus tard que la semaine dernière, un éleveur a été égorgé. C’est pour ça que je dors dehors », confie-t-il, la voix tremblotante, le regard fixé sur l’horizon.

‎Selon lui, des militaires guinéens fourniraient des armes aux assaillants, en échange d’une part du butin. Une accusation partagée par plusieurs habitants.

‎À Misra Mankabou, quelques kilomètres plus loin, Mamady Camara, tailleur d’une cinquantaine d’années, tente de sauver ce qu’il reste de son cheptel. « J’ai perdu plus de la moitié de mes bêtes. Les voleurs traversent la frontière, armés jusqu’aux dents. Si on les suit, on risque la mort », dit-il, d’une voix résignée.

La Commission nationale de lutte contre le vol de bétail confirme la gravité du phénomène. «À Sékafoula, un éleveur qui poursuivait les voleurs à moto est tombé dans une embuscade. Ils lui ont tiré dessus. Il est mort sur le coup», relate son président. L’enquête, dit-il, n’a jamais abouti.

‎Mais qui sont réellement ces Manodjes ?

‎«C’est une ethnie de Guinée-Bissau, chez qui le vol serait un rite de passage. Pour se marier, un homme doit voler chez son futur beau-père», avance Mamady Camara. Ces affirmations restent impossibles à vérifier : dans la forêt dense qui sépare les deux pays, ces groupes demeurent insaisissables.

‎Les autorités, elles, reconnaissent l’ampleur du fléau.

‎«Je ne peux pas commenter les accusations, mais le vol de bétail est devenu un problème sérieux », admet prudemment le sous-préfet de Simbandi Brassou, Ousmane Sané.

‎Selon Mame Ousmane Diockou, secrétaire général de la commission transfrontalière, « plus de 300 bœufs ont été volés en 2024, sans compter les chèvres et moutons ».

‎Sur le terrain, les éleveurs dénoncent l’inaction des autorités.

‎« Quand on dépose plainte, la gendarmerie nous dit d’attendre. Et si on cherche nous-mêmes nos bêtes, on nous le reproche », s’indigne Lamine. Certains, poussés par le désespoir, franchissent la frontière pour tenter de récupérer leurs animaux.

‎« En Guinée-Bissau, les policiers m’ont demandé 30 000 F CFA pour se déplacer, puis 400 000 pour me rendre mes deux bœufs retrouvés », raconte Mamady, amer.

‎La peur, désormais, est devenue le quotidien. Ceux qui veulent se défendre se heurtent à la loi.

‎« Les voleurs viennent armés, mais ici, si tu portes une arme sans autorisation, on t’arrête », soupire Lamine.

‎Les éleveurs réclament donc des mesures urgentes : « Qu’on installe des postes de sécurité le long de la frontière ou qu’on nous permette de nous défendre. »

‎‎Mais le sous-préfet reste inflexible : « Le port d’arme obéit à une procédure stricte. On ne peut pas la faciliter dans une zone déjà marquée par des tensions armées. »

‎‎Malgré la loi de 2017 criminalisant le vol de bétail, les attaques continuent.

‎Dans les forêts de Sédhiou, une guerre silencieuse oppose éleveurs et pillards. Les troupeaux disparaissent, les morts se multiplient. Et les habitants, livrés à eux-mêmes, attendent toujours une réponse ferme de l’État.

 

Alioune Sow

Tags: BétailéléveurspatûragesSédhiou

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