La célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse se déroule cette année encore dans un climat de fortes tensions en Guinée. Le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée a décidé de se retirer des festivités prévues à la maison d la presse, dénonçant une mise à l’écart des préoccupations des journalistes.
Dans une déclaration, le syndicat accuse les patrons de presse d’avoir ignoré, « sciemment », les revendications des travailleurs lors des concertations organisées ces derniers jours à la Maison de la presse. Malgré sa participation aux discussions et « d’importants sacrifices » consentis pour parvenir à un consensus, le SPPG affirme s’être heurté à un refus catégorique.
« Nos préoccupations ont été ignorées. Les patrons refusent de les intégrer, malgré notre insistance », déplore le syndicat, qui évoque des pratiques contraires aux intérêts des employés des médias.
Mais au-delà du désaccord sur la déclaration commune, c’est surtout l’orientation même des célébrations qui crispe. Le SPPG fustige notamment une initiative visant à décerner des satisfecits à certains responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), une institution régulièrement accusée de restreindre l’espace médiatique.
« Comment comprendre qu’on choisisse ce jour pour célébrer ceux qui contribuent à étouffer la liberté de la presse ? », s’interroge le syndicat, y voyant une forme de caution à la répression dénoncée par plusieurs professionnels.
Face à ce qu’il considère comme un « mépris » des droits des journalistes, le SPPG annonce qu’il ne prendra pas part aux activités organisées par les employeurs et qu’il publiera sa propre déclaration.
Placée sous le thème « Façonner un avenir de paix », la journée doit pourtant réunir plusieurs institutions à la Maison de la presse, notamment la Présidence de la République, la Primature, la Haute Autorité de la Communication et le ministère en charge de la Communication.







