Le Burkina Faso sombre sous le poids d’une crise sécuritaire dramatique, le capitaine Ibrahim Traoré franchit un nouveau cap inquiétant. Avec le rétablissement de la peine capital par un parlement non élu, le régime de Ouagadougou tourne le dos aux droits humains fondamentaux pour instaurer un climat d’effroi et verrouiller son pouvoir.
Un recul civilisationnel majeur. Huit ans après l’abolition historique de la peine capitale en 2018, la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou vient d’officialiser la réintroduction du châtiment suprême dans le nouveau Code pénal. Sous couvert de lutter contre le terrorisme, la trahison ou l’espionnage, cette décision adoptée à l’unanimité par une Assemblée de transition triée sur le volet ne trompe personne : elle constitue une arme politique redoutable destinée à faire taire toute voix dissidente.
Le masque de la souveraineté, le visage de la répression
Depuis son coup d’État en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré n’a cessé de manier la rhétorique souverainiste et le sentiment anti-occidental pour masquer le bilan catastrophique de sa gestion. Promettant la reconquête du territoire face aux groupes jihadistes, le régime militaire s’est en réalité illustré par un verrouillage systématique de l’espace démocratique : suspensions de médias, réquisitions forcées d’opposants et de journalistes sur le front, et arrestations arbitraires de voix critiques.
En réinstaurant la peine suprême, la junte ne renforce pas la sécurité de la nation ; elle arme juridiquement un appareil d’État arbitraire. Dans un contexte où les institutions judiciaires sont sous pression et où le droit à un procès équitable s’amenuise de jour en jour, donner le pouvoir de vie ou de mort à un régime autoritaire revient à signer un chèque en blanc à l’arbitraire.
L’illusion punitive face au défi sécuritaire
La réintroduction de la peine de mort relève d’une fuite en avant populiste. Aucune étude n’a jamais prouvé l’effet dissuasif de la peine capitale sur les menaces terroristes. En revanche, elle risque d’aggraver l’engrenage de la violence, de fermer la porte à toute sortie de crise négociée ou politique, et de couper définitivement le pays des standards internationaux en matière de libertés fondamentales.
Pendant que la population subit les affres du conflit et de l’inflation, la priorité du capitaine Traoré semble désormais concentrée sur la pérennisation de son régime. Le retour du châtiment suprême n’est pas un acte de force, mais le signe d’un pouvoir aux abois qui cherche à régner par la peur. Le peuple burkinabè, qui s’est tant battu pour la liberté et la démocratie, mérite un avenir fondé sur la justice et la stabilité, non sur le retour des spectres de la tyrannie.







