Au Mali, la politique du « tout-sécuritaire » menée par la junte militaire au pouvoir continue de semer la désolation parmi les civils. Le lundi 12 octobre 2026, la région de Ségou a été le théâtre d’un nouveau massacre imputable aux forces armées maliennes.
À Zanakoro, un village de la commune, deux avions de l’armée ont ciblé aveuglément des civils rassemblés pour une cérémonie de baptême, larguant une série de bombes sur des habitations.
Un carnage au cœur d’un rassemblement familial
Le bilan humain de cet assaut est dévastateur : au moins huit morts – essentiellement des femmes et des enfants, un chiffre qui pourrait s’alourdir à dix selon plusieurs témoignages sur place, sans compter les nombreux blessés graves souffrant de terribles brûlures. Ce énième drame met en lumière la faillite morale et opérationnelle des autorités de transition. Sous prétexte de traquer les groupes jihadistes du JNIM liés à Al-Qaïda, la junte multiplie les frappes aériennes indiscriminées, sacrifiant impunément les populations qu’elle prétend protéger.
À Zanakoro, aucun combattant n’a été touché : les victimes sont des mères, des nourrissons et des jeunes enfants, dont les images insoutenables de corps meurtris et de foyers réduits en cendres circulent aujourd’hui en brousse, où les survivants ont dû s’enfuir pour échapper à la mort.
Le silence assourdissant du pouvoir militaire
Face à cette barbarie, l’attitude des dirigeants est révoltante de cynisme. Pas un seul mot d’explication, pas le moindre communiqué officiel, ni une once de compassion envers les familles endeuillées de la part d’un pouvoir militaire qui s’obstine à nier l’évidence et à étouffer ses propres bavures. Une source sécuritaire s’est contentée de concéder du bout des lèvres que « des vies ont été fauchées », illustrant un mépris total pour la valeur de la vie humaine.
Une spirale mortifère qui plonge le pays dans le chaos
Combien de villages détruits ? Combien de familles brisées et d’enfants suppliciés faudra-t-il pour que la communauté internationale et les citoyens maliens ouvrent les yeux ? En transformant l’outil militaire en une machine à frapper la population civile innocente, la junte démontre chaque jour son incapacité à apporter la paix. Loin d’enrayer la menace terroriste, elle ne fait qu’alimenter le cycle de la terreur, de la haine et de la vengeance, plongeant un peu plus le Mali dans l’instabilité et l’isolement international. La sécurité des populations ne saurait plus être sacrifiée sur l’autel d’une stratégie militaire aussi incompétente que criminelle.







