Le Burkina Faso et le Mali ont engagé une refonte de leurs programmes scolaires afin de mieux prendre en compte les réalités africaines, les héros nationaux et les savoirs locaux. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté affichée par les autorités des deux pays de renforcer l’ancrage culturel des systèmes éducatifs et de valoriser leur histoire nationale.
Au Burkina Faso, le gouvernement a récemment annoncé une révision des curricula d’enseignement de l’histoire, de la géographie et de l’instruction civique. Les autorités estiment que les contenus actuellement enseignés accordent encore une place trop importante aux références héritées de la période coloniale et ne reflètent pas suffisamment les valeurs, les figures historiques et les réalités du pays.
Même orientation au Mali, où les autorités de transition ont engagé ces dernières années un chantier similaire visant à promouvoir davantage les langues nationales, les références culturelles locales et les parcours des grandes figures de l’histoire malienne.
Pour les défenseurs de ces réformes, il s’agit de permettre aux élèves de mieux connaître leur environnement, leur patrimoine et les luttes qui ont marqué la construction de leurs États. L’objectif est également de renforcer le sentiment d’appartenance nationale à travers une éducation davantage enracinée dans les réalités africaines.
Mais cette transformation soulève aussi plusieurs défis. Des universitaires et acteurs du secteur éducatif soulignent la nécessité de préserver la rigueur scientifique des enseignements tout en évitant une lecture exclusivement politique de l’histoire. Ils rappellent également que la réussite de ces réformes dépendra de la formation des enseignants, de la production de nouveaux manuels et des moyens financiers mobilisés pour leur mise en œuvre.
Au-delà des débats, le Burkina Faso et le Mali semblent partager une même ambition : faire de l’école un outil de transmission des savoirs africains et de construction d’une identité nationale davantage assumée.







