En prenant place à bord de la locomotive KOMA pour rallier Kassa depuis Morébaya, le 12 octobre, le président guinéen Mamadi Doumbouya n’a pas seulement inauguré une nouvelle ligne ferroviaire. Il a aussi remis sur les rails une ambition longtemps absente du paysage des transports guinéens : le retour du train de voyageurs.
Le convoi a parcouru 148 kilomètres en traversant l’une des infrastructures les plus emblématiques du projet, un tunnel ferroviaire de 11,6 kilomètres présenté comme le plus long d’Afrique de l’Ouest. Conçu dans le cadre du vaste programme Simandou, le Transguinéen est avant tout destiné à relier les gisements de fer du sud-est du pays aux installations portuaires de la côte. Mais les autorités guinéennes insistent désormais sur sa dimension civile. L’objectif affiché est de faire de cette voie ferrée un outil de mobilité pour les populations, en complément de sa vocation industrielle.
Dans un pays où le transport routier demeure quasiment l’unique moyen de déplacement sur de longues distances, l’arrivée d’un service ferroviaire moderne pourrait modifier les habitudes de voyage. Pour les habitants des régions traversées, le train est perçu comme un moyen de réduire les temps de parcours, de faciliter les échanges commerciaux et de désenclaver plusieurs localités de l’intérieur.
La portée symbolique de cette inauguration est d’autant plus forte que la Guinée n’avait plus connu de véritable service ferroviaire national de passagers depuis plusieurs décennies.
Le premier voyage officiel du Transguinéen apparaît ainsi comme le signal d’une renaissance du rail, longtemps relégué au second plan dans les politiques de transport. L’ouverture au public doit toutefois se faire progressivement. Les autorités annoncent l’aménagement de gares modernes le long du corridor, sans préciser pour l’heure le calendrier complet de mise en service ni les conditions d’exploitation commerciale.
Pour le gouvernement, le défi est désormais de démontrer que cette infrastructure ne servira pas uniquement à transporter le minerai de Simandou vers l’Atlantique. Son succès se mesurera aussi à sa capacité à transporter des Guinéens, à rapprocher les territoires et à faire du rail un véritable outil de cohésion nationale.







