Arrivé au pouvoir par les armes avec la promesse tapageuse d’éradiquer la menace sécuritaire et de restaurer la souveraineté nationale, le capitaine Ibrahim Traoré a transformé le Burkina Faso en un vaste théâtre d’oppression.
Quatre ans après le coup d’État du 30 septembre 2022, le constat est sans appel : la junte militaire s’enfonce dans une dérive dictatoriale brutale, substituant la terreur d’État, la propagande et la paranoïa à l’action stratégique et à la protection des populations.
Une dictature militaire prise au piège de ses propres mensonges
Derrière le vernis d’un souverainisme de façade et d’un discours anti-impérialiste populiste, le régime de Ouagadougou masque à peine la faillite totale de sa politique. Sur le terrain, l’insécurité persiste, mais la junte a préféré mener son véritable combat contre sa propre population. L’appareil sécuritaire s’est mué en un outil de répression systématique : arrestations arbitraires, enlèvements nocturnes, réquisitions forcées d’opposants envoyés au front comme chair à canon, et démantèlement méthodique des institutions démocratiques. Pour maintenir son emprise, le pouvoir militaire a fait du Burkina Faso un pays d’interdits et de silence.
L’art de faire taire : la terreur d’État contre les libertés
Toute voix dissonante est désormais assimilée à de la haute trahison. Journalistes muselés, médias suspendus, acteurs de la société civile traqués et syndicats réduits au silence : la junte utilise l’argument sécuritaire comme une arme d’intimidation massive pour étouffer le moindre débat républicain. En verrouillant ainsi la parole publique, les autorités militaires ne protègent pas le pays, elles protègent leur propre fauteuil. Ce bâillonnement systématique des citoyens prouve que la priorité du capitaine Traoré n’a jamais été l’émancipation du peuple burkinabè, mais bien la conservation absolue d’un pouvoir confisqué par la force.
L’impasse sanglante d’une fuite en avant autoritaire
En croyant régner par le fer et l’asphyxie des libertés, la junte commet une erreur historique tragique. Aucune nation ne s’est jamais relevée en réduisant ses citoyens en esclaves de la peur. En s’isolant sur la scène internationale, en ruinant le tissu social et en piétinant les droits humains les plus élémentaires, le régime militaire conduit le Burkina Faso tout droit vers le délabrement et le chaos. La répression aveugle n’a jamais tenu lieu de projet de société : en faisant du peuple sa première victime, le régime scelle d’ores et déjà son impardonnable faillite.







