À l’approche de la présidentielle de 2027, Bola Tinubu défend ses réformes économiques et demande aux Nigérians de lui laisser le temps d’en récolter les fruits. Mais face à la pauvreté et à la vie chère, la patience devient un enjeu électoral.
Le président nigérian Bola Tinubu veut poursuivre le travail engagé depuis son arrivée au pouvoir en 2023. Lors d’une prière organisée à Abuja à l’approche du 66e anniversaire de l’indépendance, son message a été transmis par le président de la Chambre des représentants, Tajudeen Abbas. Le chef de l’État affirme que son gouvernement corrige les « erreurs » et les « occasions manquées » du passé et demande une nouvelle opportunité pour achever ses réformes.
Des résultats, mais à quel prix ?
La suppression de la subvention sur l’essence et les réformes du marché des changes ont profondément bouleversé l’économie.
Le FMI reconnaît certains progrès. En juin 2026, l’institution estimait que les réformes avaient amélioré les résultats macroéconomiques et renforcé la résilience du Nigeria. Elle projetait une croissance du PIB réel de 4,1 % en 2026.
Mais derrière ces chiffres se cache une réalité beaucoup plus difficile. Selon les données citées par le FMI en juin, la pauvreté atteignait 63 % et 27 millions de Nigérians avaient été confrontés à l’insécurité alimentaire à l’automne 2025.
Le vrai débat de 2027
La question n’est donc plus seulement de savoir si les réformes étaient nécessaires. Elle est de déterminer si les sacrifices demandés aux Nigérians commencent réellement à améliorer leur quotidien.
Pour Bola Tinubu, le défi est immense : transformer les progrès macroéconomiques en amélioration visible du pouvoir d’achat et des conditions de vie. À l’approche de 2027, son argument pourrait être : « Les sacrifices commencent à produire des résultats. » Celui de ses adversaires sera probablement beaucoup plus simple : « Peut-être, mais les Nigérians vivent-ils mieux ? »
C’est finalement le porte-monnaie des électeurs qui pourrait trancher. Tinubu peut demander du temps. Mais après plus de trois ans de réformes, les Nigérians sont aussi en droit de demander des résultats.







