De violents affrontements opposent les forces fédérales éthiopiennes aux combattants tigréens dans plusieurs régions du nord du pays. Les perturbations des télécommunications au Tigré font craindre un retour à l’isolement vécu pendant la guerre de 2020-2022.
La tension militaire monte brutalement dans le nord de l’Éthiopie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, de violents combats ont éclaté autour d’Abala, dans la région Afar, près de la frontière avec le Tigré. Une source humanitaire citée par l’AFP affirme que les forces fédérales ont empêché les combattants tigréens d’entrer dans la ville et fait état de l’utilisation d’un drone par l’armée.
Les affrontements s’étendent désormais sur plusieurs fronts. Des combats ont également été signalés dans l’Amhara, notamment dans le North Wollo et aux environs de Lalibela, célèbre pour ses églises rupestres classées au patrimoine mondial de l’Unesco. À l’ouest du Tigré, des affrontements ont par ailleurs été rapportés à May Gaba et Tselimo.
Le spectre du précédent conflit
Cette escalade intervient alors que les communications sont fortement perturbées au Tigré. NetBlocks a constaté une importante interruption d’internet dans le nord de l’Éthiopie correspondant aux informations faisant état d’une coupure des télécommunications. L’AFP indiquait vendredi ne plus parvenir à joindre ses contacts dans la région par téléphone.
La situation ravive le traumatisme de la guerre de 2020-2022, durant laquelle le Tigré avait été largement coupé du monde, avec de sévères perturbations des télécommunications, mais aussi de l’électricité, des services bancaires et de l’aide humanitaire.
L’Afar constitue par ailleurs un front particulièrement stratégique. Des analystes cités par l’AFP estiment que l’offensive dans cette région pourrait viser les voies d’approvisionnement venant de Djibouti, essentielles au commerce extérieur éthiopien, notamment pour le carburant.
Face à l’aggravation de la crise, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit particulièrement préoccupé par les informations faisant état de l’utilisation de drones et de victimes civiles.
Avec l’extension des combats au Tigré, à l’Afar et à l’Amhara, l’Éthiopie se retrouve de nouveau confrontée au risque d’une guerre de grande ampleur. Les perturbations des communications rendent cependant difficile toute vérification indépendante des bilans avancés par les différents camps.







