Deux jours après une offensive d’ampleur menée conjointement par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), les combats se poursuivaient, lundi, autour du camp militaire d’Anéfis, dans le nord du Mali.
Si les indépendantistes touareg affirment contrôler la ville depuis samedi, des éléments de l’armée malienne et des paramilitaires russes de l’Africa Corps restent retranchés dans leur base, devenue l’épicentre d’affrontements particulièrement intenses.
Située à une centaine de kilomètres au sud de Kidal, Anéfis occupe une position stratégique dans le dispositif sécuritaire du nord malien. Sa prise permettrait au FLA de consolider son emprise sur Kidal, conquise il y a un peu plus de deux mois lors d’une précédente offensive qui avait porté un coup sévère aux forces de Bamako.
Selon plusieurs sources sécuritaires, les rebelles et leurs alliés jihadistes ont accentué la pression sur le camp retranché en multipliant les tirs d’obus. Des informations non confirmées font également état de l’utilisation de drones kamikazes par les combattants russes présents sur place pour tenter de contenir l’avancée des assaillants.
Dans le même temps, des renforts du FLA seraient arrivés à Anéfis à bord de dizaines de véhicules armés, renforçant davantage le rapport de force en faveur de la coalition rebelle. Une démonstration de puissance qui semble avoir contrarié les efforts de l’armée malienne pour secourir ses hommes encerclés.
Parti de Gao, un convoi militaire envoyé en renfort aurait été pris dans une embuscade à quelques kilomètres d’Anéfis. Contraintes de faire demi-tour, les forces maliennes ont subi des pertes matérielles importantes. Selon le collectif de journalistes spécialisés Wamaps, entre cinq et huit véhicules militaires auraient été détruits. Au moins un hélicoptère de l’armée malienne aurait également été perdu au cours des opérations, d’après des sources locales et sécuritaires.
Cette nouvelle séquence militaire illustre la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le nord du Mali, malgré la présence accrue des forces russes aux côtés de l’armée nationale. Depuis plusieurs mois, les groupes armés touareg ont regagné du terrain, tandis que les organisations jihadistes affiliées à Al-Qaïda poursuivent leur expansion dans plusieurs régions du pays.
Confrontée depuis 2012 à une insurrection multiforme mêlant jihadisme, revendications indépendantistes et violences communautaires, la junte au pouvoir à Bamako peine à tenir sa promesse de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Les combats d’Anéfis rappellent, une fois encore, la fragilité des équilibres militaires dans le nord malien et la capacité des groupes armés à coordonner leurs offensives contre les forces gouvernementales.







