La suite du congrès national de Pastef, organisé ce dimanche à Dakar Arena, devait permettre au parti au pouvoir de tourner la page des remous internes qui ont marqué ces derniers mois. Ousmane Sonko s’en est servi pour adresser un message politique clair : il n’existe, selon lui, aucune crise institutionnelle au sommet de l’État, malgré les spéculations qui alimentent le débat public depuis plusieurs semaines.
Face à des milliers de militants, le leader de Pastef a dénoncé ce qu’il appelle les « marchands de crise », accusés d’entretenir l’idée d’un conflit entre les principales institutions du pays. Sans citer de noms, il a estimé que certains acteurs politiques et médiatiques cherchent à prospérer sur des tensions réelles ou supposées afin d’affaiblir le projet porté par son parti.
« Il n’y a pas de crise », a insisté Ousmane Sonko, affirmant que la répartition des responsabilités entre les différentes institutions répond au cadre fixé par la Constitution. Pour lui, les débats actuels ne doivent pas être interprétés comme une confrontation au sommet de l’État.
Au-delà de cette mise au point, le président de Pastef a dressé un bilan politique de l’action engagée depuis l’accession du parti au pouvoir. Il a notamment revendiqué les réformes menées dans les domaines de la gouvernance, de la lutte contre la corruption, de la justice et de la renégociation de certains contrats stratégiques.
Selon lui, les turbulences qui ont traversé le mouvement ces derniers mois relèvent d’une phase de clarification désormais achevée. Loin d’y voir un signe de fragilité, il estime que son parti en ressort renforcé. « Pastef est plus que jamais la plus grande force politique du pays », a-t-il lancé devant les militants, se montrant convaincu que la formation continuera d’élargir sa base électorale.
Le discours a également pris une tonalité plus personnelle lorsque le Premier ministre a tenu à rassurer ses partisans sur sa fidélité aux idéaux du mouvement. « Je ne trahirai jamais les militants », a-t-il déclaré, présentant la confiance placée en lui comme une responsabilité plutôt qu’un privilège.
Cette intervention, très attendue, apparaît comme la séquence politique majeure de ce premier congrès national. Plus qu’un simple rendez-vous de structuration interne, la rencontre a permis à Ousmane Sonko de réaffirmer son autorité sur le parti qu’il a fondé et de répondre aux interrogations qui entourent l’équilibre du pouvoir depuis plusieurs mois.
En filigrane, le leader de Pastef a cherché à refermer un débat qui occupe largement la scène politique sénégalaise : celui de l’existence ou non de divergences au sommet de l’État. Un débat qu’il juge artificiel, mais qui continue d’alimenter les commentaires au sein de la classe politique comme de l’opinion publique.







