En ce début de la saison des pluies, les risques d’inondations préoccupent déjà les autorités guinéennes. Une réunion de coordination tenue samedi 23 mai entre le ministère de l’Assainissement et l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH) a mis en lumière une situation jugée préoccupante dans le Grand Conakry et certaines zones de Kindia.
Selon les données présentées, 120 sites critiques ont été identifiés à travers une cartographie des zones inondables, dont 119 considérés à haut risque. Environ 5 891 ménages, soit près de 35 000 personnes, vivent dans des zones directement exposées aux crues et aux débordements d’eau. Plus inquiétant encore, 113 de ces sites connaissent des inondations récurrentes chaque année.
Derrière ces chiffres, ce sont des familles qui, chaque hivernage, vivent avec la peur de voir leurs maisons envahies par les eaux, leurs biens emportés ou leurs déplacements paralysés. Dans plusieurs quartiers de Conakry et sur l’axe Coyah, l’accumulation des déchets, les constructions dans les zones inondables et l’obstruction des caniveaux aggravent les risques.
Les analyses techniques évoquent également 51 points jugés prioritaires, où des opérations urgentes de curage et de désobstruction sont nécessaires. Plusieurs grands collecteurs et passages naturels de l’eau seraient aujourd’hui obstrués par du sable, des ordures ou des installations anarchiques.
Face à ces menaces, les autorités annoncent vouloir accélérer les travaux préventifs déjà engagés depuis plusieurs semaines : curage des caniveaux, dégagement des marigots et sensibilisation des populations contre le dépôt des déchets dans les ouvrages d’assainissement.
L’objectif est d’éviter que les pluies à venir ne se transforment en drames humains, dans un pays où les inondations ont régulièrement causé des pertes en vies humaines, des déplacements de familles et d’importants dégâts matériels ces dernières années.







