À Siguiri, une préfecture guinéenne proche du Mali, les conséquences de la crise sécuritaire dans ce pays voisin se ressentent désormais jusque dans les marchés et les parcs à bétail. Dans cette ville frontalière, fortement dépendante des échanges commerciaux avec le pays de Assimi Goïta, les difficultés d’approvisionnement provoquent une flambée des prix et alimentent l’inquiétude des habitants.
Au parc à bétail, plusieurs commerçants disent être confrontés à des blocages de plus en plus fréquents. Des animaux achetés au Mali peinent à rejoindre la Guinée en raison de l’insécurité sur certains axes routiers.
Aboubacar Doumbouya, commerçant de bœufs, explique que les transporteurs hésitent désormais à prendre la route.
« Nous allons chercher les bœufs au Mali, mais aujourd’hui la situation sécuritaire complique tout. Certains chauffeurs ont peur de circuler. Des commerçants ont déjà payé plusieurs bœufs, mais les animaux ne sont toujours pas arrivés à Siguiri parce que les remorques restent bloquées », confie-t-il.
Dans les marchés de la ville, les effets de cette crise se font déjà sentir sur les prix des denrées. Plusieurs produits deviennent difficiles à obtenir, tandis que les commerçants peinent à suivre le rythme des hausses.
Djènè Sackho, vendeuse au marché, décrit une situation devenue très difficile pour de nombreuses familles.
« Les prix ont fortement augmenté. Le sac d’aubergines est vendu aujourd’hui à 550 000 francs guinéens et celui du piment peut atteindre 800 000 francs. Beaucoup de commerçants travaillent à crédit et s’endettent. Ceux qui font le trajet entre Bamako et Siguiri souffrent énormément à cause des difficultés sur la route », explique-t-elle.
À Siguiri, cette situation rappelle la forte dépendance de l’économie locale aux échanges transfrontaliers avec le Mali. Entre ralentissement du commerce, hausse du coût de la vie et incertitude sur les approvisionnements, commerçants et consommateurs redoutent une aggravation de la crise dans les semaines à venir.







