Ce lundi 4 mai, une bonne partie de Kinshasa s’est retrouvée à l’arrêt. En cause : la marche organisée par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), officiellement autorisée, mais dont les conséquences ont été lourdes pour les habitants.
Dès la matinée, les manifestants ont envahi les grandes artères, occupant les deux voies de circulation entre Limete et le Palais du Peuple. Résultat : un trafic complètement bloqué, des klaxons à perte de vue, et des milliers d’usagers coincés pendant des heures sous une chaleur étouffante.
Sur l’axe menant à l’avenue de la Libération, la situation a rapidement dégénéré. Taxis, bus et motos se sont retrouvés immobilisés, incapables d’avancer ou de faire demi-tour. Pour beaucoup, la journée de travail a tout simplement été compromise.
Mais au-delà des embouteillages, ce sont surtout les scènes du quotidien qui ont marqué. Des travailleurs contraints d’abandonner leurs véhicules pour continuer à pied. Des parents inquiets, sans nouvelles de leurs enfants. Et surtout, des élèves en pleine période d’examen, bloqués dans leurs centres ou livrés à eux-mêmes pour rentrer chez eux.
Certains ont marché plusieurs kilomètres, cartable au dos, faute de transport. Une réalité qui contraste avec le caractère politique de la mobilisation.
Sur le terrain, la police a tenté de reprendre le contrôle. Le commandant provincial, Israël Kantu, s’est déployé pour réguler la circulation. Mais face à l’ampleur du désordre, les efforts sont restés sans réel effet.
En filigrane, cette journée pose une question de fond : comment concilier liberté de manifester et droit à la mobilité dans une ville déjà fragilisée par des infrastructures saturées ?
Pour de nombreux Kinois, ce lundi n’était pas qu’une manifestation. C’était une journée perdue.







