Au quartier de Nongo, situé dans la commune de Lambanyi, l’inquiétude gagne du terrain. Depuis plusieurs mois, des fissures apparues sur la chaussée se sont progressivement étendues aux habitations, fragilisant des dizaines de concessions, notamment aux abords du stade Petit Sory.
Ce qui ressemblait au départ à une simple dégradation du bitume s’est transformé en menace bien plus sérieuse. Aujourd’hui, des maisons présentent des murs lézardés, parfois sur toute leur hauteur, obligeant les habitants à vivre dans la crainte d’un effondrement.
« Au début, c’étaient de petites fissures au sol. Mais avec le temps, elles ont atteint les murs. On a essayé de réparer, mais ça revient toujours », raconte une habitante, qui vit sur place avec sa famille. Comme d’autres riverains, Binta Dia déplore l’absence d’intervention des autorités malgré l’évolution de la situation.
Sur le terrain, certains usagers hésitent même à traverser certaines portions de la route, tant les crevasses sont visibles. Dans les concessions, la peur est devenue quotidienne, notamment pour les familles avec enfants.
Alerté, le chroniqueur scientifique Aboubacar Camara a avancé ce samedi une explication possible : un affaissement localisé du sol. Selon lui, l’exploitation intensive de la nappe phréatique dans cette zone pourrait en être à l’origine.
« À force de pomper l’eau souterraine, le niveau baisse et peut créer un vide en profondeur. Avec le poids des constructions en surface, cela peut provoquer un affaissement », explique-t-il, écartant pour l’instant l’hypothèse d’un séisme.
En attendant une expertise officielle, les habitants appellent à une réaction rapide des pouvoirs publics. Ils demandent notamment une évaluation technique du site et des mesures urgentes pour sécuriser la zone.
Car pour eux, la question est désormais simple : combien de temps pourront-ils encore vivre dans ces maisons fragilisées sans risquer le pire ?







