La répartition des droits d’auteur au titre de l’exercice 2025 continue de susciter des réactions en Guinée. L’artiste Thierno Hamidou Barry, connu sous le nom de Junior Barry, critique le montant qui lui a été attribué, qu’il juge insuffisant.
Selon lui, il a perçu 669 000 francs guinéens, une somme qu’il estime en décalage avec les investissements consentis dans sa carrière musicale.
« C’est vraiment décourageant »
Ce mercredi à son domicile situé en banlieue de Conakry, l’artiste a exprimé son amertume :
« Je sors au moins trois clips par an et je dépense entre 30 et 50 millions de francs guinéens pour chacun. J’ai organisé le concert dédicace de mon album il y a quelques mois au stade Petit Sory de Nongo. J’y ai investi plus de 500 millions de francs guinéens. En plus, je suis mon propre producteur. Recevoir 669 000 francs guinéens dans ces conditions, c’est vraiment décourageant. Ça fait très mal. »
Junior Barry estime que cette rémunération ne reflète pas la réalité du travail des artistes, notamment ceux qui financent eux-mêmes leurs productions.
Une image écornée à l’international
L’artiste évoque également les réactions suscitées par sa prise de position :
« Quand j’ai fait un post pour dénoncer, un artiste ivoirien a converti ce montant en franc CFA et m’a appelé pour s’en moquer. Un autre artiste sénégalais a fait pareil. Cela prouve qu’en Guinée, un artiste ne peut pas vivre de son art. »
Hamidou BARRY affirme avoir été conseillé, lors d’un séjour en Europe, de s’enregistrer à l’étranger :
« Lors d’une tournée en Europe, des amis, qui connaissent les réalités guinéennes, m’ont suggéré de m’enregistrer en France. J’ai refusé », regrette-t-il.
Malgré ses critiques, Junior Barry assure que sa démarche se veut constructive :
« Je ne fais pas cette sortie pour manquer de respect à qui que ce soit. Il y a des avancées dans le domaine de la culture, et c’est salutaire. Mais quand quelque chose ne va pas, ne pas le dénoncer, c’est devenir complice. »
Il conclut en soulignant la faiblesse de cette source de revenus :
« Si je devais compter sur cet argent, aujourd’hui, je serais mendiant. »







