Lors du gigantesque meeting de samedi dernier, le président du parti Pastef, Ousmane Sonko, annonçait le départ imminent de deux alliés ne respectant pas la ligne directrice de leur formation. Bien qu’il n’ait pas donné de noms, l’allusion était manifestement dirigée vers l’ancienne Première ministre, Aminata Touré.
Revirement inattendu à la tête de la coalition
C’est un communiqué qui est tombé tel un coup de massue sur la scène politique : Aïda Mbodj a été écartée de la tête de la coalition « Diomaye Président » au profit de l’installation d’Aminata Touré. Ce revirement de situation intervient dans un compagnonnage qui commençait déjà à montrer des signes de fragilité. L’entente, souvent résumée par la formule « Sonko moy Diomaye » (Sonko est Diomaye), semble désormais battre de l’aile.
Le Président de la République souhaiterait mettre fin à la « léthargie et aux facteurs de division » qui persistent au sein de la coalition. Pourtant, cette nomination semble paradoxalement donner le coup d’envoi à une crise ouverte.
Le désaveu public de Sonko
En effet, lors de son « terra meeting », le leader du Pastef, Ousmane Sonko, avait soutenu mordicus que cette coalition ne serait jamais dirigée par Mimi Touré, notamment citée dans un rapport de l’IGE (Inspection Générale d’État) concernant un montant de plus de 2 milliards de FCFA. Il avait alors publiquement placé sa confiance en l’actuelle présidente de la DER (Délégation Générale à l’Entreprenariat Rapide), Aïda Mbodj. Ce choix est aujourd’hui réfuté.
Un bicéphalisme en pleine lumière
Cette nomination vient acter un désaccord en majuscule au sein d’un bicéphalisme qui ne disait pas son nom. Le Président Diomaye s’arc-boute sur ses propres alliés – ou, pire encore, les promeut – allant à l’encontre de la position affichée de Sonko.
Plusieurs questions demeurent en suspens : est-ce la fin de l’idylle entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye ? Ce qui est certain, en attendant peut-être la sortie du Premier ministre Sonko, actuellement en congé, c’est que l’exécutif ne parle plus le même langage politique que la Primature.
Aissatou DIOUF






