Le journaliste nigérien Ali Soumana, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Courrier, a été placé lundi sous mandat de dépôt et transféré à la prison de Say, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale, après son inculpation pour diffamation et complicité de diffusion de données par voie électronique.
Son arrestation, intervenue 48 heures plus tôt par la police judiciaire, fait suite à une plainte du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine. Fin août, Le Courrier avait publié un article sur une affaire présumée de fraude de cigarettes impliquant des commerçants et des agents de la douane, en citant un document portant la signature du chef du gouvernement.
Une vingtaine d’associations de journalistes et d’ONG ont protesté contre l’arrestation de M. Soumana et jugé illégale sa détention, rappelant que la loi de 2010 a remplacé les peines d’emprisonnement pour des délits de presse par des amendes.
« La Maison de la presse s’insurge contre toute violation des textes régissant le métier de journaliste au Niger », et « s’inquiète des harcèlements et des pressions exercées sur les journalistes dans le cadre de leur travail », avait fait savoir dans un communiqué ce collectif d’associations, incluant l’Association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante dont fait partie Le Courrier.
En juin 2016, Ali Soumana et Moussa Dodo, directeur du Courrier, avaient été écroués dix jours puis condamnés à trois mois de prison avec sursis pour avoir publié des documents relatifs à des fraudes à un concours pour devenir fonctionnaire, impliquant d’importantes personnalités.







