Marche du 04 avril : Pari gagné pour l’opposition contre le 3ème mandat de Touadera en gestation

La marche du 4 avril organisée par l’opposition a été un moment clé dans la lutte pour la démocratie en République Centrafricaine, marquée par une grande mobilisation, et ce, malgré les tensions qui prévalaient entre le pouvoir et l’opposition.

Il y a quelques semaines, l’issue de cette manifestation semblait incertaine, notamment après les tensions qui ont surgi lors du meeting du chef de file de l’opposition, Anicet Georges DOLOGUELE, au nord de Bangui, en préparation de la marche.

Au départ, le ministre de la Sécurité publique avait interdit la marche mais sous l’influence du Chef de l’État, il a finalement fait marche arrière et autorisé l’événement. Cette décision a ouvert la voie à une grande mobilisation du pouvoir, avec un rassemblement au stade de 20 000 places de Bangui pour célébrer le neuvième anniversaire de l’accession du Président Faustin Archange Touadéra au pouvoir.

De son côté, l’opposition, unifiée au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a réussi à mobiliser plusieurs milliers de personnes le 4 avril, avec un point de départ fixé devant la base de la Mission des Nations Unies en RCA (MINUSCA) pour finir au carrefour Boganda. Des déclarations fortes ont été faites par les leaders de l’opposition, notamment pour dénoncer le projet de troisième mandat du Président Touadéra et les problèmes sociaux majeurs, tels que le manque d’eau, d’électricité et d’autres services essentiels auxquels sont confrontées les populations.

Martin ZIGUELE, porte-parole du BRDC et ancien Premier ministre, a qualifié cette mobilisation d’historique, soulignant l’importance de cet événement dans la vie politique du pays. En parallèle, la diaspora centrafricaine à Paris en France ne restait pas en retrait, organisant également un grand rassemblement à la place de la République ce samedi 5 avril. Les revendications portées par les membres de la diaspora étaient les mêmes que celles exprimées à Bangui : un rejet du troisième mandat de Touadéra.

Selon le Professeur Jean François AKANDJI, Président du Conseil de Résistance et de Transition (CRT), « Touadéra n’est plus digne de la confiance des Centrafricains. »

Face à cette mobilisation, le Président Touadéra a répondu dans son discours du 30 mars, indiquant qu’il prenait acte de la demande de dialogue formulée par l’opposition. Cependant, il attend de cette dernière qu’elle précise les thèmes et le cadre de ces discussions.

À ce jour, l’opposition reste ferme sur ses revendications, qui incluent le retour à la Constitution de 2016, la réforme du Conseil Constitutionnel et de l’Autorité Nationale des Elections (ANE).
Les prochains jours seront cruciaux, et l’avenir de la crise politique centrafricaine demeure incertain. Les regards sont tournés vers les évolutions à venir.

Adrien KOUNDOU-ZALIA

Journaliste d’Investigation et

Expert en Communication Politique

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