Face à face Bassirou Diomaye Faye avec la presse : « Je désire des DG forts, des ministres forts, un premier ministre super fort »

Le Président de la République du Sénégal s’exprimait ainsi lors de son second face à face avec la presse nationale ce vendredi 04 avril. Interrogé sur la gouvernance économique et financière, les réformes, la justice ou encore la situation socio-politique, Bassirou Diomaye Faye a passé à la loupe et au peigne fin  et dressé un bilan d’étape de son régime.

Si plusieurs sujets ont été évoqués par la presse, celui de la nature du régime politique a été soulevée. Le chef de l’Etat a réaffirmé sa position sur les pleins pouvoirs octroyés au Président de la République. » « j’ai toujours considéré et cela bien avant que je ne sois Président, que le président de la république disposait de trop de pouvoirs entre les mains ». Aujourd’hui que je le suis je pouvais faire un accaparement de pouvoirs. Je ne suis pas et je ne veux pas être ce type de président ».

Dans un gouvernement ou dans un régime, il s’agit d’une responsabilité commune et partagée, d’une solidarité, une collégialité pour réussir dans sa mission a rappelé le président de la République expliquant appliquer le draft sorti des assises. Il a par ailleurs souligné n’avoir jamais été dans une logique de changement de régime puisque celui-ci ne figure pas sur la conclusion des assises.

Pour ses détracteurs, et ceux qui pensent que son premier ministre lui fait de l’ombre, Bassirou Diomaye Faye considère que ces pouvoirs du premier ministre sont minimes et qu’il ne voit aucun inconvénient à leur renforcement. Ce pour plus d’efficience et d’efficacité, dans les tâches qui lui sont dévolues, étant convaincu de l’importance pour un chef de l’Etat de disposer de plusieurs bras dans l’exercice de ces tâches a précisé Bassirou Diomaye Faye.

Sur les autres points comme celui de la souveraineté monétaire, Bassirou Faye a répondu sans équivoque sur l’intention du Sénégal de disposer d’une monnaie nationale. : » nous ne renonçons jamais dans la quête de la souveraineté intégrale et celle de la recherche de voies et de moyens pour disposer de notre propre monnaie » a til rappelé . Mais que pour cela des échanges régionales étaient en cours notamment au sein de la Cedeao autour de la monnaie commune que constitue l’Eco. Cependant, le chef de l’Etat a souligné que face aux lenteurs du processus, des alternatives sont aussi envisagées à l’Uemoa mais le Sénégal n’exclut pas de sortir pour battre sa propre monnaie a tenu à préciser le président sénégalais si toutefois cette monnaie arrimée à l’euro reste confrontée aux goulots d’étranglement du franc Cfa, a t’il expliqué.

Pour une justice indépendante et non téléguidée

L’actualité sur la proposition d’interprétation de la loi d’amnistie votée ce mercredi à l’assemblée nationale n’a pas été occultée par les confrères et consoeurs à la salle des banquets de la présidence. Mais sur le sujet, le chef de l’Etat a été formel sur l’application de la loi et ce dans toute sa rigueur. Si pour lui, il ne reste que la promulgation de la loi après sa procédure législative, les enquêtes et poursuites qui appartiennent à la justice vont déterminer selon Bassirou D. Faye la suite rappelant que la loi sera applicable à toutes personnes impliquées dans les évènements politiques de 2021 à 2024.

Dela géopolitique

Concernant les questions de diplomatie et d’intégration, le président sénégalais a annoncé la tenue prochaine d’un forum sur l’investissement avec le Sénégal comme pays organisateur en Octobre prochain. Il a aussi exhorté les ressortissants sénégalais à veiller scrupuleusement au respect des conditions de séjour de quelque pays que ce soit, en faisant référence aux récentes expulsions de ressortissants étrangers en Mauritanie non sans avoir affirmé avoir dépêché son ministre de l’Intégration et des Affaires Etrangères chargé de transmettre son message à son homologue de la Mauritanie afin de s’enquérir de la situation.

Cohésion sociale

Comme annoncé dans son adresse à la nation à la veille de la fête de l’indépendance, le président sénégalais a réaffirmé l’importance de restaurer la confiance entre les citoyens et leurs institutions. Un dialogue national est prévu le 28 mai prochain pour le cas. Celui-ci aura pour objectif de renforcer le consensus national en réunissant toutes les forces vives de la nation autour d’un projet commun pour le bien-être du pays, a t’il déclaré.

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